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Kaffrine, 20 juil (APS) – Médina Baye de Kaffrine, célèbre quartier de la capitale du Ndoucoumane (centre), rappelle à bien des égards le fief de la Faydatou Tidjania à Kaolack, dont il est quasiment une réplique, en plus de partager la même vocation éducative et religieuse.
A l’entrée du quartier, sur la route de Nganda, le visiteur est tout de suite frappé par les similitudes avec la cité religieuse de Médina Baye, capitale de la Faydatou Tidjania et une des attractions de la ville de Kaolack.
Une vaste esplanade dominée par une grande tente, une mosquée, un puits, un mausolée, des instituts islamiques et la résidence du fondateur rappellent en plusieurs points la configuration de la Médina Baye de Kaolack.
Médina Baye Kaffrine est un quartier fondé en 1977 par le guide religieux Cheikh Abdou Barham Wilane, communément appelé Baye Wilane, qui s’inspire de Cheikh Al Islam El Hadji Ibrahima Niass dit Baye (1900-1975).
Célèbre quartier de la commune de Kaffrine, cette enclave et cité religieuse s’inspire largement de Médina Baye de Kaolack, haut lieu de la Fayda tidjania dont elle s’inspire sur les plans de l’architecture, de l’organisation sociale et de la vie spirituelle.
A quelques jours de la visite de l’imam de la grande mosquée de Médina Baye Kaolack, Cheikh Tidiane Aliou Cissé, les disciples s’activent déjà sur les derniers préparatifs.
Les travaux d’aménagement, notamment le pavage réalisé par la mairie de Kaffrine, donnent un visage reluisant, plus accueillant à cette cité où règnent discipline, spiritualité et hospitalité.
Des disciples, chapelets au cou, discutent devant les boutiques où sont vendus des exemplaires du Coran, des nattes de prières, des bonnets et autres objets religieux.
Selon Mouhamed Hamady Thiam, directeur de l’Institut islamique Darou Houlomy Dine, Cheikh Abdou Barham Wilane s’est installé à Médina Baye de Kaffrine en 1977, avec une seule concession bâtie au milieu d’une vaste cour.
”En 1983, par le biais de l’ancien délégué de quartier de Diamaguène, Baye Ali Ségnane, les autorités municipales lui ont attribué un important espace qui deviendra cette célèbre cité religieuse. Son lotissement est intervenu en 1986, avant la construction de la mosquée dont les fondations ont été posées en 2007 avant d’être inaugurée en 2009”, explique M. Thiam dans un entretien avec l’APS.
Le guide religieux vouait une profonde admiration à Cheikh Al Islam El Hadji Ibrahima Niass, au point de reproduire la disposition de sa résidence, de sa mosquée, de son mausolée et même des différents quartiers de Médina Baye Kaolack, tels que Sam, Darou Rahmati, Kossi ou Léona.
Après son rappel à Dieu, le mausolée de Cheikh Abdou Barham Wilane a été construit en respectant les mêmes distances observées entre la maison de Baye Niass et son mausolée à Kaolack, à la demande du responsable des disciples de Baye Wilane, Serigne Talla Wilane.

”Son œuvre dépasse largement le cadre local. Des disciples venus du Sénégal, de la Gambie, de la Guinée, du Mali, du Niger, du Nigeria, du Ghana, de la Mauritanie et de la Sierra Leone ont été formés dans ses instituts d’enseignement arabo-islamique. Certains d’entre eux y ont enseigné”, rappelle-t-il.
Pour Oustaz Mouhamed Ibrahima Top, connu sous le nom d’Oustaz Gora Top, Cheikh Abdou Barham Wilane a consacré toute son existence au service de Baye Niass.
”Il a bâti une communauté fondée sur la foi, l’éducation, la discipline et la solidarité. Les écoles créées par Cheikh Abdou Barham au Sénégal, en Gambie et en Guinée Conakry tournent autour de plus de 900 établissements et plus de 25 instituts d’enseignement franco arabe”, selon Oustaz Top.
Il signale que tous ces établissements scolaires installés dans le pays sont reconnus par l’Etat du Sénégal.
Ce réseau éducatif continue de se développer sous la direction de l’actuel khalife de la famille, Cheikh Baye Euwal Wilane, qui supervise des centaines d’écoles reconnues au Sénégal, en Gambie et en Guinée, ainsi que plusieurs dizaines d’instituts franco-arabes et de ”daaras” (écoles coraniques), ajoute M. Top.
”Dans l’ensemble, nous avons plus de 200 dahiras (associations de disciples) regroupés en une vingtaine de fédérations réparties au Sénégal et dans plusieurs autres pays de la sous-région. Chaque année, le khalife effectue des tournées spirituelles pour renforcer les liens avec les disciples et superviser les activités religieuses”, renseigne-t-il.

Il y a aussi les œuvres sociales du fondateur de Médina Baye de Kaffrine envers son marabout, Baye Niass.
”A travers le grenier de Baye, créé en 2002, des centaines de familles bénéficient chaque année d’importantes quantités de vivres, perpétuant ainsi les valeurs de solidarité et de partage léguées par Cheikh Abdou Barham Wilane”, soutient-il.
Médina Baye de Kaffrine fait partie des quartiers les plus célèbres du Ndoucoumane, de par la dimension de son fondateur, Cheikh Abdou Barham Wilane, un grand érudit de l’islam ayant a consacré toute sa vie à servir son guide religieux, Cheikh Ibrahima Niass dit Baye Niass.
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