A Gorée, des parlementaires africains appellent à préserver la mémoire de l’esclavage
A Gorée, des parlementaires africains appellent à préserver la mémoire de l’esclavage

SENEGAL-AFRIQUE-CULTURE

Dakar, 20 mai (APS) – Des parlementaires africains prenant part à la 32e assemblée régionale africaine de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) ont visité mercredi l’île de Gorée, au large de Dakar,  un déplacement empreint d’émotion et marquée par m des appels à préserver la mémoire de la traite négrière pour renforcer l’unité et la dignité africaines.

Au terme de la visite à la Maison des esclaves, le président de l’Assemblée nationale de la République centrafricaine, Simplice Mathieu Sarandji, ”le cœur serré”, a confié avoir ressenti de la colère face aux souffrances infligées aux peuples africains durant plusieurs siècles d’esclavage.

‎”C’est un site qui interpelle chaque conscience africaine. C’est un site qui ne laisse aucun Africain insensible”, a-t-il déclaré, rappelant qu’il ne s’agissait pas de sa première visite à l’île-mémoire.

Le parlementaire centrafricain a toutefois appelé à transcender cette colère pour promouvoir les idéaux de paix, d’amour et d’intégration défendus, selon lui, par des figures historiques africaines comme Cheikh Anta Diop, Léopold Sédar Senghor, Barthélemy Boganda et Blaise Diagne.

‎”Nous devons considérer tous les conseils qu’ils nous ont donnés pour que plus jamais on ne puisse connaître cette tragédie au niveau planétaire”, a-t-il soutenu.

M. Sarandji a également insisté sur la solidité des relations entre le Sénégal et la République centrafricaine, évoquant notamment la présence d’étudiants centrafricains dans les universités sénégalaises ainsi que la coopération militaire entre les deux pays.

‎”L’Afrique est solidaire, l’Afrique est unique, unie et indivisible. Les frontières ne doivent pas occulter l’amour que nous avons les uns pour les autres au niveau africain”, a-t-il affirmé.

De son côté, la deuxième vice-présidente du Sénat tchadien, Lydie Beassemda, a évoqué ”un sentiment d’indignation” suscité par la découverte de ce haut lieu de mémoire. ”Dans ce lieu, on voit clairement que l’homme peut être l’animal le plus sauvage pour son prochain”, a-t-elle déclaré, relevant que l’Afrique porte encore ”les stigmates de trois siècles d’esclavage”.

‎Selon elle, la déportation massive d’hommes et de femmes africains constitue ”une perte pour l’Afrique”, mais cette histoire doit également nourrir ”l’espoir” et rappeler la nécessité de défendre la dignité humaine.

”Nous avons visité ces lieux en regardant de plus près les violations majeures des droits humains. C’est l’incarnation de la violation des droits humains”, a soutenu Mme Beassemda, en revenant notamment sur les atteintes à la liberté et à l’intégrité physique, morale et psychologique des personnes réduites en esclavage.

Elle a salué les autorités sénégalaises pour avoir préservé ce patrimoine historique ”pour l’Afrique”, afin de permettre aux générations futures de mieux comprendre leur histoire et de renforcer leur confiance en l’avenir du continent.

‎”Aujourd’hui, l’Afrique est debout pour avoir un autre avenir, pour pouvoir se développer à partir de ses nombreuses ressources, mais aussi de cette jeunesse qui se relève et qui essaie de se donner une identité”, a-t-elle déclaré.

La visite de Gorée s’est déroulée en marge de la 32e assemblée régionale africaine de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie, qui a réuni du 18 au 20 mai à Dakar, plusieurs délégations parlementaires du continent.

MK/FKS/BK