SENEGAL-SOCIETE
Bambey, 25 juin (APS) – A Bambey Sérère, un village situé dans le département éponyme, dans le Baol profond, le commerce de la viande de bœuf le jour de l’Achoura est désormais bien plus qu’une tradition. Au fil des années, il s’est imposé comme une activité économique saisonnière qui crée des revenus, valorise l’élevage local et permet aux familles de célébrer la fête autour d’une viande de qualité.
En perspective de l’Achoura, fête marquant la nouvelle année du calendrier musulman, une activité économique bien particulière anime le quartier Mbidé.
Depuis plusieurs années, des jeunes éleveurs se tournent vers le commerce de bovins destinés à être abattus le jour de cette fête religieuse, devenu un véritable rendez-vous économique.
Comme chaque année, le jour de l’Achoura, cette scène se répète dans plusieurs quartiers de Bambey Sérère, où le commerce de la viande de bœuf est devenu une activité génératrice de revenus pour de nombreux jeunes.
Ici, rien n’est laissé au hasard. Les animaux sont achetés deux à trois mois avant la fête, puis engraissés avec soin afin d’offrir une viande de qualité le jour J.
A Mbidé, les clients se donnent rendez-vous au marché dimanche ou à la grande place publique pour réserver leur part. Le kilogramme de viande est commercialisé entre 3.750 et 4.000 francs CFA, selon la qualité de l’animal.
Adossé à son enclos, Gorgui Ngom, jeune éleveur, explique que cette activité est devenue un rendez-vous incontournable lors des grandes fêtes religieuses comme la Korité, l’Achoura ou encore le Grand Magal de Touba.
”Nous achetons parfois un bœuf à 200.000 francs CFA, trois mois avant l’événement. Pendant cette période, nous l’engraissons pour obtenir une viande de bonne qualité. Selon le sujet, nous pouvons réaliser un bénéfice compris entre 150.000 et 200.000 francs CFA”, confie-t-il.
Au-delà des revenus qu’elle procure aux éleveurs, cette initiative facilite également l’accès des ménages à une viande fraîche, sans qu’ils aient à se déplacer vers les marchés de la ville. Les jeunes misent sur la qualité des animaux pour fidéliser une clientèle de plus en plus exigeante.
Ingénieur de formation, Samba partage son temps entre son métier et l’élevage, une activité illustrant à ses yeux les opportunités qu’offre l’entrepreneuriat rural aux jeunes.
”L’élevage peut être une véritable source de revenus. J’encourage les jeunes à investir davantage dans ce secteur malgré les difficultés auxquelles nous sommes confrontés”, affirme-t-il.
Mais derrière cette dynamique se cachent aussi de nombreuses contraintes. La hausse continue du coût de l’aliment de bétail réduit les marges des éleveurs.
”Aujourd’hui, notre principale difficulté reste le prix des aliments de bétail. Le ripasse, ou la paille d’arachide sont devenus très chers, ce qui pèse lourdement sur les coûts de production”, déplore-t-il.
Face à cette situation, les éleveurs interpellent les autorités publiques afin qu’elles prennent des mesures pour améliorer l’accès aux aliments de bétail et accompagner davantage les jeunes qui investissent dans ce secteur.
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