SENEGAL-CULTURE-ECONOMIE
Ziguinchor, 20 déc (APS) – La place Bambaya de Ziguinchor vibre au rythme de la foire du Festival Koom Koom, un espace d’exposition et de commercialisation réunissant des artisans, producteurs et créateurs venus du Sénégal, majoritairement de la Casamance, pour mettre en valeur la richesse du terroir et la créativité locale.
Sous les tentes dressées au cœur de la ville, les visiteurs découvrent une diversité de produits du territoire, allant des produits halieutiques et agricoles aux objets d’art, en passant par l’ébénisterie, les vêtements, les accessoires de mode et les œuvres artisanales revisitées.
Parmi les exposantes, Sala Keita, vendeuse spécialisée dans les pagnes tissés de fabrication locale, met en avant un circuit entièrement endogène.
”Du tissage à la teinture, tout est fait ici à Ziguinchor par mes propres frères. Les tissus ont des vertus et des significations différentes selon les motifs et les couleurs”, explique-t-elle, montrant un pagne à carreaux verts destiné à servir de grenouillère pour bébé, et un autre réservé à la nouvelle mariée lors de son installation au foyer conjugal.
Présente depuis une dizaine d’années au Festival Koom Koom, Mme Keita note toutefois une baisse des ventes cette année, malgré l’affluence et l’intérêt du public pour les produits locaux, dit-elle.
Un peu plus loin, Matar Ndiaye, plus connu sous le nom de Baye Bakh, expose des créations issues de la mode recyclée. Styliste et designer, il propose des pièces uniques confectionnées à partir de patchwork et de friperie recyclée : pantalons sarouel, hauts, capuches, vestes et pulls.

”Depuis plusieurs années, je participe à ce festival qui est une belle occasion de se faire connaître et de nouer des relations d’affaires avec des partenaires de la Casamance et de la sous-région”, souligne-t-il, saluant une initiative qui, selon lui, révèle le potentiel créatif et économique de la région.
La calebasse occupe également une place de choix dans cette foire. Artisan designer depuis vingt-deux ans, Ndiaga Bâ présente des vaisselles, fauteuils, chaises, canapés et lampes façonnés à partir de ce matériau traditionnel. ”Ce sont des produits très prisés par les connaisseurs et par ceux qui recherchent un ancrage traditionnel”, affirme-t-il.
L’artisan pointe cependant une difficulté majeure liée à l’approvisionnement en matière première.

”Nous sommes souvent obligés d’aller jusqu’au Mali ou au Burkina Faso pour nous fournir, alors que la calebasse du Fouta est de meilleure qualité, plus épaisse et plus résistante. Malheureusement, elle n’est pas assez cultivée”, déplore-t-il, plaidant pour un accompagnement de l’État afin de structurer et renforcer cette chaîne de valeur.
À travers cette foire, le Festival Koom Koom s’impose comme une plateforme de promotion de l’économie locale et de valorisation des savoir-faire casamançais, tout en offrant aux acteurs un cadre d’échanges, de visibilité et de perspectives économiques durables.
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