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Dakar, 19 août (APS) – A la suite de deux mariages qui se sont terminés par des divorces, Kady Baldé, une Sénégalaise résidant en France, dit être parvenue à refaire sa vie au point de témoigner de ces expériences marquées par des violences conjugales dans un livre intitulé : “Battante, libère-toi !”, paru aux éditions Argenlivre.
“J’ai traversé deux épisodes conjugaux douloureux, passant d’un mariage imposé à un mariage choisi, mais sous emprise d’un homme qui m’a fait subir plusieurs violences”, a-t-elle dit dans un entretien accordé à l’APS.
Kady Baldé entend par-dessus tout “attirer l’attention sur les violences conjugales”, elle qui a vécu un ”mariage arrangé” avec un parent au Sénégal et un autre ”sous emprise” en France.
Deux unions qui se sont terminées par des divorces. Elle a finalement fait de ces deux expériences marquées par des “violences conjugales”, un livre-témoignage.
Comme pour se libérer d’un destin qui s’acharnait sur elle, la Koldoise d’origine a pris son courage à deux mains pour divorcer de son premier mariage contracté alors qu’elle n’avait que 19 ans et était encore au lycée au Sénégal, au risque de rompre ses liens avec ses parents.
“Lasse de me conformer à une situation que je n’avais pas choisie, j’ai dû divorcer malgré les soucis que j’allais avoir et que j’ai eus avec mes parents qui m’ont reniée après mon acte”, dit Kady Baldé, ajoutant avoir fini de recoller les morceaux avec sa famille.
Dans son livre, elle essaie “d’attirer l’attention”, tentant de “dissuader les parents de pousser leurs filles dans des mariages arrangés, une pratique qui existe depuis longtemps dans nos sociétés”.
“Il n’est vraiment pas possible pour une femme de s’épanouir dans de telles unions. C’est un peu compliqué pour elle de se retrouver avec un homme qu’elle n’a pas choisi, qu’elle ne connaît pas et parfois qu’elle n’aime pas”, témoigne Kady Baldé.
Après ce premier mariage, elle en contracte un nouveau, cette fois, à Lyon, en France, où elle s’est rendue après l’obtention de son bac en 2005.
“J’ai rencontré un Français avec qui j’avais le même âge, et on filait le parfait amour. Finalement, je me suis rendu compte qu’il s’agissait en réalité d’un piège, qui a duré 13 ans”.
— Enfermée dans une relation conjugale toxique par peur du regard de la société —
De cette union heureuse au début, qui a viré du miel au fiel, Kady Baldé ne s’est pas aperçue dès le début du comportement violent de son époux.
“On est dans un profil psychologique et pathologique d’un homme qui a des dérives et les expriment dans la violence. Donc là, j’ai vécu des violences à la fois psychologiques, physiques et sexuelles, qui ont duré 13 ans”, dit-elle.
“J’ai mis beaucoup de temps à m’en rendre compte, parce que quand on rencontre un homme, au début, on est aveuglé par l’amour. Nous étions jeunes tous les deux, avec le même âge”, se souvient la néo-romancière.
Progressivement, elle commence à déceler des signes de violence, comme la prise par son époux de certaines décisions à sa place, la fermeture de son compte bancaire, entre autres.
“Au début, je croyais qu’il agissait par amour, pour me protéger, mais au fil des ans, je me suis rendu compte en me posant les bonnes questions qu’il ne s’agissait pas d’amour, mais bien de violence”, estime Kady Baldé.
Elle est restée tout ce temps de peur d’être jugée par une société sénégalaise qui la prendrait, selon elle, pour une “croqueuse d’hommes”.
Aujourd’hui, elle s’est libérée de ces pesanteurs sociales et conjugales et a décidé de partager son expérience afin d’aider les personnes qui en souffrent à en sortir.
“Ce roman, inspiré de faits que j’ai vécus, vise à questionner individuellement et collectivement les gens pour essayer d’envisager des solutions qui viendraient à bout de ces violences conjugales”, souligne l’auteure de “Battante, lève-toi !”.
Malgré toutes ces péripéties, celle qui est parvenue à reprendre ses études jusqu’à devenir salariée et entrepreneure en herbe, dit croire toujours en l’amour.
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