Vers une interdiction des produits alimentaires non étiquetés à Dakar (élu)
Vers une interdiction des produits alimentaires non étiquetés à Dakar (élu)

SENEGAL-SANTE

Dakar, 27 mars (APS) – La mairie de Dakar travaille à obtenir, ”d’ici la fin de l’année 2026”, l’approbation du préfet pour une délibération du conseil municipal visant à interdire la vente des produits alimentaires non étiquetés, a-t-on appris de Jean Louis Ndiaye, un des adjoints à l’édile de la capitale.

“D’ici la fin de l’année 2026, la ville utilisera les fonds Partnership for Healthy Cites (PHC) pour organiser des séminaires et ateliers afin d’obtenir l’approbation du préfet dans le but de faire progresser la délibération par le conseil municipal d’une [mesure d’interdiction] de la vente des produits alimentaires non étiquetés”, a-t-il déclaré.

L’objectif attendu d’une telle mesure est de “fournir aux consommateurs des informations qui peuvent les aider à prendre des décisions en matière de santé, réduisant la prévalence des MNT liées à l’alimentation”, a expliqué Jean Louis Ndiaye.

Il prenait part à un atelier de mise à niveau sur la lutte contre les maladies non transmissibles, une rencontre tenue jeudi à Dakar, de concert avec le bureau municipal de Dakar.

La ville de Dakar a rejoint le Partenariat pour des villes saines (Partnership for Healthy Cities) depuis 2018, lequel réseau regroupe plus de 70 villes partenaires engagées dans la lutte contre les maladies non transmissibles.

Dans ce cadre, elle a mis en place un projet de politique alimentaire dont la phase pilote est conduite en partenariat avec les lycées John Fitzgerald Kennedy, Mariama Ba, Amath Dansokho, le lycée de Hann-Bel Air et les collèges d’enseignement moyen (CEM) Martin Luther King, Adama Diallo, ainsi que ceux de la Scat Urbam et des Parcelles assainies.

Intitulé “Faire en sorte que nos citoyennes et citoyens tombent le moins malades”, e projet vient en soutien à la politique nationale définie par le gouvernement en la matière et est arrimé à la Stratégie nationale Sénégal 2050.

Selon Jean-Louis Ndiaye, “la ville de Dakar fait face à une montée préoccupante des maladies non transmissibles liées à l’alimentation, en particulier les cas d’hypertension artérielle, de diabète de type 2 et d’obésité”.

Il note que ces pathologies sont fortement corrélées à la consommation régulière d’aliments ultra-transformés riches en sel, sucre et gras, souvent vendus sans information nutritionnelle visible.

Il s’y ajoute que le manque d’étiquetage contribue à l’absence de choix éclairé chez les consommateurs, en particulier les populations vulnérables (jeunes, ménages à faible revenu), ajoute l’élu.

Le docteur Seynabou Mbow de la Division des maladies non transmissibles au ministère de la Santé et de l’Hygiène publique a insisté sur la “progression préoccupante” des maladies non transmissibles.

“Une personne sur 2 a des problèmes d’hypertension artérielle (HTA). Le diabète a une prévalence de 10%. Et parmi les facteurs de risques, il y a les aliments riches en sucre, sel et gras, le tabac, l’alcool et la sédentarité”, d’où l’intérêt, dit-elle, de mener des activités de sensibilisation afin de les prévenir.

NSS/BK