SENEGAL-ECONOMIE-ENVIRONNEMENT
Dakar, 30 juil (APS) – Africa Climate Insights (ACI) et l’Association des journalistes pour la transparence dans les ressources extractives et la protection de l’environnement ont organisé une ‘’table ronde’’, jeudi, à Dakar, pour inciter à une bonne compréhension de l’industrialisation verte chez les professionnels des médias et encourager le dialogue sur cette question entre les chercheurs, les experts, les organisations de la société et les partenaires techniques et financiers.
L’Administration publique et le secteur privé étaient représentés à cette rencontre.
Les échanges ont porté sur les défis et les opportunités de l’industrialisation verte, qui est présentée comme un levier de compétitivité pour les entreprises sénégalaises, dans un contexte de transition énergétique et de nouvelles exigences environnementales.
Le but de cette ‘’table ronde’’ est, selon la directrice d’ACI au Sénégal, Awa Traoré, de susciter un débat ‘’éclairé’’ sur l’industrialisation verte en réunissant les acteurs concernés.
‘’Il est important de mettre autour d’une même table les institutions publiques, les chercheurs, les experts, la société civile et les journalistes, pour discuter des défis, des enjeux et des perspectives de l’industrialisation verte’’, a-t-elle dit.
ACI a pris aussi l’initiative de cette rencontre pour mieux faire comprendre la notion d’industrialisation verte aux journalistes, afin qu’ils puissent assurer une couverture régulière et documentée des questions liées à la transition énergétique et au développement durable, d’après Mme Traoré.
‘’Les journalistes ont un rôle essentiel à jouer […] Au-delà de la compréhension de l’industrialisation verte, il est important que cette problématique soit davantage relayée dans les médias, afin que ses enjeux soient mieux compris par le public’’, a souligné la directrice d’Africa Climate Insights au Sénégal.
Créer davantage de valeur ajoutée et générer des emplois
L’industrialisation verte n’est pas une rupture avec le modèle industriel classique, a précisé Abdoul Aziz Samb, expert en efficacité énergétique au Bureau de mise à niveau des entreprises (BMN).
Cette notion traduit une évolution visant à rendre les entreprises plus compétitives, plus productives et moins consommatrices d’énergies fossiles, a-t-il expliqué.
‘’Une industrie qui ne prépare pas son processus de production aux exigences environnementales aura des difficultés à accéder aux marchés de demain’’, a prévenu M. Samb.
Selon lui, la transition est incontournable en raison du durcissement des normes environnementales sur les marchés internationaux.
L’expert du BMN signale que les institutions financières accordent désormais beaucoup d’importance aux critères environnementaux, sociaux et de gouvernance.
Elles font de l’intégration des préoccupations environnementales un facteur de plus en plus déterminant de l’accès au financement.

Le Sénégal a déjà épousé cette nouvelle vision en mettant en œuvre une stratégie de verdissement de l’industrie, une initiative portée par le ministère chargé de l’Industrie et le Bureau de mise à niveau des entreprises, d’après Abdoul Aziz Samb.
‘’Cette stratégie repose essentiellement sur l’amélioration de l’efficacité énergétique, l’intégration des énergies renouvelables dans les procédés industriels, le développement de l’économie circulaire et la promotion de nouvelles filières vertes’’, a-t-il expliqué.
M. Samb a cité les opportunités offertes par la mobilité électrique, le recyclage et l’assemblage des batteries, la fabrication de composants des lampadaires solaires et la valorisation des déchets industriels.
‘’Ces filières permettront de créer davantage de valeur ajoutée, de générer des emplois et de renforcer la compétitivité de l’industrie sénégalaise‘’, a-t-il assuré.
Papou Marie Ndiaye, le fondateur de PGS Africa, a insisté sur la nécessaire modernisation des équipements des entreprises sénégalaises.
PGS Africa est une entreprise spécialisée dans la distribution, la gestion et le développement d’infrastructures technologiques dans les domaines de l’informatique, de la santé, des énergies renouvelables, etc.
Une mobilisation conjointe des pouvoirs publics, du secteur privé, etc.
Selon M. Ndiaye, l’obsolescence des équipements est l’un des principaux obstacles à l’amélioration de l’efficacité énergétique et au verdissement de l’industrie sénégalaise.
Il appelle à faciliter l’accès aux équipements de dernière génération, aux mécanismes de financement, aux services de maintenance et au transfert des technologies et des compétences.
Les investissements permettront aux entreprises d’améliorer leur productivité, de réduire leur consommation énergétique et de satisfaire aux exigences des marchés internationaux, espère-t-il.
Il ne peut pas y avoir une industrialisation verte sans une mobilisation conjointe des pouvoirs publics, du secteur privé, des partenaires techniques et financiers, des chercheurs et des médias, selon les intervenants.
Ils estiment que tous les acteurs concernés doivent prendre part à la sensibilisation du public et à la vulgarisation des politiques de transition énergétique.
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