SENEGAL-AFRIQUE-CULTURE
Dakar, 27 nov (APS) – L’exposition “Sur les traces de la charte du Mandé” du photographe sénégalais Matar Ndour propose une plongée dans une époque enchantée de l’histoire africaine remontant au 13e siècle, à naissance du nouvel empire du Mali coïncidant avec et l’arrivée au pouvoir du prince mandingue Soundiata Keïta.
Le vernissage de l’exposition s’est déroulée mercredi, en présence du secrétaire d’Etat à la Culture, aux Industries créatives et au Patrimoine historique, Bakary Sarr, et de plusieurs ambassadeurs dont celui des Pays-Bas, Carmen Hagenaars.
La Charte du Mandé, une alliance née sur la clairière de Kouroukan Fouga, à l’orée de Kangaba (Mali), après des années de conflit armé au royaume du Mandingue, au treizième siècle, est à la fois le sujet et le prétexte de cette exposition prévue pour se poursuivre jusqu’au 6 décembre prochain.
Selon un synopsis remis à la presse, les délibérations issues de ce conclave unique dans les annales ont fourni des assises solides à l’entité politique qui s’affirmait sous l’autorité du souverain mandingue d’Afrique de l’Ouest, Soundjata Keïta (1190-1255), au treizième siècle.

Cette exposition est une représentation de plus de 60 photos des descendants de l’ancien royaume du Mandé, de même qu’elle retrace les pérégrinations de l’artiste dans la région de Kédougou, le Sine, le sud de la Gambie, la Basse Casamance, la Guinée Bissau et le Mali.
Elle raconte “une vie culturelle, celle des continuités culturelles, mais également de toute l’intégration sous régionale”, a déclaré le secrétaire d’Etat à la Culture, aux Industries créatives et au Patrimoine historique, Bakary Sarr, lors du vernissage.
“C’est une mémoire qui est en jeu. Nous savons tous que la civilisation, les valeurs mandingues, les cultures mandingues, c’est une culture assez vaste qui transcende les frontières territoriales”, a-t-il dit au sujet de cette exposition organisée en partenariat avec les ambassades des Pays-Bas, du Luxembourg, de la Belgique et la délégation de Wallonie-Bruxelles.
Selon Bakary Sarr, cette exposition constitue “un moyen de préservation et de conservation du patrimoine”, en même temps qu’elle renvoie à l’intégration africaine.

L’ambassadrice du royaume des Pays-Bas au Sénégal, Carmen Hagenaars, estime que l’artiste est parvenu à photographier “de façon remarquable” les descendants de l’ancien royaume du Mandé.
Elle considère que ces images “ramènent non seulement au passé, mais éclairent également le contexte dans lequel la charte du Mandé est née”.
Matar Ndour dit avoir pris l’option de photographier “les gens dans toute leur dignité, leur personnalité, car ils ne sont pas n’importe qui”.
Il rappelle que la civilisation mandingue représente toute l’Afrique de l’Ouest, à travers les us et coutumes, les styles vestimentaires et tout un ensemble de choses renvoyant au “vivre-ensemble” de manière générale.
“Ce voyage historique, dont le prétexte est la charte du Mandé du treizième siècle, est aussi un voyage des géographies, remettant en question l’ensemble des générations”, a de son côté indiqué le commissaire de l’exposition, Ibrahima Wane.

L’immersion que propose Matar Ndour l’a conduit en dehors des frontières nationales, au sein de l’empire mandingue, une manière bien actuelle de s’interroger notamment sur des questions liées aux frontières, selon l’universitaire.
“La charte du Mandé dépasse le simple projet artistique. La démarche consistant à revenir sur l’histoire par les images reconstituées, reproduit un réel fragment témoin vivant”, a souligné le conservateur du Musée Théodore Monod, Malick Ndiaye.
Matar Ndour a débuté en photographie en 1987. Il a changé d’approche et choisi la photographie artistique, en 1995.
Il a exposé pour la première fois à la Galerie 39 (Le Manège) du centre culturel français à Dakar, et réalisé plusieurs autres expositions au Sénégal, en Afrique et en Europe.
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