Dakar, 1 fév (APS) – Une étude conduite par le ministère de la Santé et de l’Action sociale à partir d’un échantillon de 450 malades diabétiques met en exergue l’importance de la sensibilisation et des mesures de prévention, dans le cadre d’un projet de recherche sur l’évaluation des facteurs de risque podologique de survenue et d’aggravation du pied diabétique.

Ce projet vise, à terme, l’élaboration d’un nouveau modèle innovant de prise en charge des patients diabétiques au Sénégal. Sa première phase a concerné des patients du centre anti-diabète Marc Sankalé de l’hôpital Abbas Ndao (Dakar) et du centre de prise en charge des diabétiques de Kaolack.

“Cette étude est assez importante car elle va permettre d’harmoniser et de décentraliser la prise en charge. Ils ont commencé par Kaolack mais j’espère que cela va s’étendre à tout le pays, de sorte qu’un patient ne va plus faire 400 ou 500 kilomètres pour venir à Dakar pour se faire amputer”, a déclaré professeure Anna Sarr, en service au centre anti-diabétique Marc Sankalé.

Elle intervenait jeudi lors d’une cérémonie de réception d’équipements médicaux d’une valeur de 40 millions de francs CFA, dans le cadre de ce projet de recherche sur l’évaluation des facteurs de risque podologique de survenue et d’aggravation du pied diabétique.

Les résultats de cette étude “multicentrique” et de type descriptif marquent “une étape importante” dans la prise en charge du diabète en amont, sur la base d’un bilan vasculaire du membre inférieur, selon Mme Sarr.

“La prévention, c’est aussi la sensibilisation sur les mesures de prévention pour éviter qu’il y ait une lésion au niveau du pied”, a estimé la praticienne, signalant que ce projet initié par le ministère de la Santé bénéficie de l’appui de LuxDev, l’agence luxembourgeoise pour la coopération au développement. 

Il consiste à “faire l’état des lieux d’abord sur les lésions du pied au niveau de deux centres : Marc Sankalé et le centre régional El Hadj Ibrahima Niass de Kaolack. La première phase est passée, 450 malades ont été inclus en faisant le point sur l’état des pieds sans lésion”, a-t-elle expliqué.

C’est dans ce cadre que s’est tenue une cérémonie de réception d’appareils médicaux pour le renforcement des plateaux techniques de ces deux centres, un appui d’un montant global de 40 millions de francs CFA entièrement déboursé par la coopération luxembourgeoise (LuxDev) qui a aussi financé l’étude.

Ce matériel “va permettre de faire l’état vasculaire déjà, de faire des prises en charge en amont qui vont éviter que le pied s’installe”, a indiqué Anna Sarr, avant de revenir sur les résultats de l’étude qui ont montré que “la prévention est efficace”.

Le pied diabétique “est source d’amputation”, a-t-elle assené, en précisant que la majeure partie des amputations non traumatiques sont liées à l’atteinte du pied chez le diabétique.

“Malheureusement, a ajouté professeure Anna Sarr, nous constatons que les patients arrivent à l’hôpital avec des lésions avérées qui vont nécessiter une prise en charge très chère qui doit être multidisciplinaire et qui dans la majeure partie des cas va aboutir à des amputations mineures ou majeures”.

Une telle situation n’est pas sans conséquence, puisqu’elle contribue à grever les budgets des familles et de l’Etat, sans compter qu’elle induit un “retentissement psychologique important puisque le sujet va être handicapé”.

Selon ses initiateurs, ce programme devrait contribuer à faire du centre hospitalier El Hadji Ibrahima Niasse de Kaolack un hub de prise en charge du diabète dans la zone centre du Sénégal.

NSS/BK

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