SENEGAL-EDUCATION-CONSTAT
Thiès, 11 août (APS) – Une étude commanditée par l’Union syndicale pour une éducation de qualité (USEQ), en collaboration avec l’Internationale de l’éducation et sa branche africaine (IE-IERAF), met en lumière une ‘’prolifération des écoles privées, au détriment des écoles publiques au Sénégal’’, a indiqué le coordonnateur de l’USEQ, Abdourahmane Gueye.
‘’Nous sommes dans un processus qui a abouti à une étude ayant décelé qu’au Sénégal, il y a une prolifération des écoles privées, au détriment des écoles publiques”, a fait savoir le coordinateur national de l’Union syndicale pour une éducation de qualité, Abdourahmane Gueye.
Il prenait part à un atelier de partage de deux jours, consacré à la vulgarisation des résultats de cette étude, et qui a pris fin mardi à Thiès.
La Fondation Friedrich Ebert a accordé le financement d’une étude diagnostic sur la privatisation et la marchandisation de l’éducation et de la formation au Sénégal, à la demande de l’USEQ et de l’IE-IERAF. Cette étude a été menée par le Cabinet international Edufore entre 2022 et 2023.
Un symposium organisé en mai dernier par le ministère en charge de la formation professionnelle, avait révélé que le Sénégal compte ‘’5 000 établissements privés, toutes catégories et tous niveaux confondus, un chiffre en constante évolution’’.
Abdourahmane Gueye a relevé, en outre, que la Coalition des organisations en synergie pour la défense de l’éducation publique (COSYDEP) avait déjà mené une étude montrant qu’au Sénégal, ”1,5 million d’enfants en âge d’aller à l’école ne le peuvent pas, faute d’enseignant, de salles de classe vétustes ou insuffisantes’’.
‘’Malgré les efforts du gouvernement pour augmenter chaque année le budget, on note quand même des difficultés qui persistent”, ajoute le responsable.
‘’L’étude a montré que beaucoup de Sénégalais pensent qu’il y a trop de grèves dans le système public, et cela ne concoure pas à la qualité dans l’éducation”, a-t-il ajouté.
Il estime que pour que le ‘’changement de paradigme’’ nécessaire s’opère, ‘’il faut que les gouvernants comprennent que l’école publique a besoin d’être accompagnée, pour que les enfants qui sont des Sénégalais en âge d’aller à l’école puissent le faire, ce qui n’est pas le cas actuellement pour tous les enfants’’.

L’USEQ travaille à un argumentaire pour convaincre les décideurs à soutenir une école publique performante et accessible, après avoir commandité une étude montrant une ‘’prolifération’’ d’écoles privées, préjudiciable au système classique.
BT/ADI/MTN
