Une enquête de l’ANSD révèle la fermeture de 17% des entreprises créées en 2018
Une enquête de l’ANSD révèle la fermeture de 17% des entreprises créées en 2018

SENEGAL-ECONOMIE-STATISTIQUES

Dakar, 13 mars (APS) – L’enquête nationale de la démographie des entreprises du Sénégal (ENDES) réalisée, du 10 mars au 10 juillet 2025 au Sénégal révèle une fermeture de 17% des entreprises créées en 2018, indiquant toutefois une résilience des industries textiles.

‘’L’enquête révèle également qu’il y a 17% de fermeture pour les entreprises créées en 2018’’, a indiqué Ibrahima Mbaye, chef de bureau des répertoires à l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD).

Il s’exprimait lors d’un atelier de partage des résultats de l’enquête financée par la Banque mondiale, à travers le projet d’harmonisation et d’amélioration des statistiques en Afrique de l’Ouest du Centre (PHASAO), qui vise à moderniser les systèmes statistiques.

Il s’agit d’un sondage aléatoire stratifié qui a été effectué pour 4 864 entreprises à enquêter réparties à travers les régions, a précisé M.Mbaye, soulignant que le répertoire national des entreprises et associations et le centre unique de collecte d’information sont la base de ce sondage.

Concernant la fermeture qui peut être assimilée au décès, on a été constaté de façon globale un taux de 27,4%, ce qui signifie que sur 5 ans 3 des 10 entreprises créées cessent leurs activités. Il a été décelé que les fermetures concernent la période de 2019 ( 20,7%) à 2021 (15,5%) avec un pic en 2020 avec un taux de fermeture de 25,3%.

Le document rendu public signale que les entreprises qui ont démarré leurs activités dans la branche des transports et télécommunications sont les plus vulnérables avec un taux de fermeture de 39,7% alors que la branche des industries textile y compris la couture est plus résiliente présentant un taux de fermeture le plus faible avec  4,2%.

Selon Ibrahima Mbaye, il a été constaté sur le terrain que ‘’57% des entreprises qui ont été créées en 2018 sont toujours actives et 27% des entreprises qui ont été créées mais qui n’ont jamais démarré une activité économique’’.

M. Mbaye a signalé que 62,6% des entreprises visitées se trouve à Dakar, relevant par ailleurs que le secteur du commerce du domine les créations d’entreprises en 2018 avec un pourcentage de 48,4% même si les difficultés y sont rencontrées.

Il a rappelé que la démographie des entreprises renvoie à la naissance, la croissance, la survie jusqu’à la disparition de l’entreprise. Les résultats de l’enquête montrent ‘’86,6% des entreprises nouvellement créées survivent à leur première année d’exercice. Cependant, seulement 3 entreprises sur 5 nouvellement créées continuent leur activité après 5 ans d’exercice’’.

Il ressort aussi de l’enquête que les secteurs les plus résilients se trouve dans l’industrie textile comprenant notamment la couture. Le textile représente 71,6% et des autres types d’industries 67% et les BTP 63%.

Selon le chef de bureau des répertoires à l’ANSD, le secteur des services fournis aux entreprises tel que la consultation sont les plus fragiles. Il en est de même pour les hôtels, les bars et les restaurants qui font aussi partie des secteurs les plus fragiles avec 35, 8% des entreprises qui survivent ou les transports et télécommunications avec 30,0%.

L’enquête montre que le chiffre d’affaires médian des entreprises de personnes morales est largement plus élevé que les entreprises de personnes physiques.

‘’La catégorisation et la croissance montre une forte dominance des toutes petites et moyennes entreprises qui représente dans le tissu économique nationale qui représente près de 98,8% de l’ensemble des unités économique en 2024’’, a relevé M. Mbaye dans sa communication.

Aussi, 24,3% des entreprises ont réalisé une croissance moyenne de leur chiffre d’affaires qui dépasse les cent pour cent, et 12, 6% ont connu une baisse de leur chiffre d’affaires sur la même période, a-t-il ajouté.

L’ENDES mentionne que 34,6% des entrepreneurs interrogés ont évoqué des difficultés liées aux financements et certains même ignorent l’existence de structures d’appui et d’orientation telles l’Apix, la Der, l’Adepme, le Fongip, l’Anpej, le Fonsis, etc.

Le chef du bureau des répertoires de l’ANSD signale que les principales sources de financement au Sénégal sont les fonds propres, les parents et les amis. ‘’Globalement 27,2% des entreprises qui disent avoir des difficultés pour payer les salaires mais aussi pour rembourser les dettes. D’ailleurs même c’est en 2024 que ces difficultés se sont plus accentuées, une situation qui concerne 55,6% des entreprises’’, a-t-il déploré.

Des recommandations ont été formulées à l’issue de cette enquête, concernant notamment le renforcement des entreprises pour relever la survie et réduire la mortalité élevée des entreprises du secteur des transports, hôtels, bars et restaurants, l’appui aux entreprises, la facilitation de l’accès aux financements des entrepreneurs pour aider les entreprises à survivre.

FD/ADC