Une cartographie du potentiel ostréicole du pays réalisé pour impulser l’industrialisation du secteur
Une cartographie du potentiel ostréicole du pays réalisé pour impulser l’industrialisation du secteur

SENEGAL-AQUACULTURE-PERSPECTIVES

Dakar, 28 sept (APS) – L’Agence nationale de l’aquaculture (ANA) a réalisé une cartographie du potentiel ostréicole des mangroves et lagunes sénégalaises, sous la forme d’une base de données harmonisée pouvant servir d’impulsion à l’industrialisation de la filière, a-t-on appris de son directeur général, Samba Ka.

“Cette cartographie inédite portée par l’Agence nationale de l’aquaculture (ANA), vise à industrialiser la filière sénégalaise en transformant la cueillette sauvage d’huîtres en un élevage planifié, rationnel et scientifique”, a-t-il déclaré.

Le DG de l’ANA s’exprimait lors d’un atelier de restitution des résultats des études sur le potentiel ostréicole des mangroves et lagunes sénégalaises.

Pendant un an, les équipes de l’ANA, les services régionaux des pêches du ministère de tutelle et les communautés locales ont appliqué un protocole unique sur 20 sites pilotes répartis dans cinq régions côtières (Saint-Louis, Thiès, Fatick, Kaolack et Ziguinchor), a-t-il indiqué.

”Ce suivi mensuel rigoureux – axé sur la croissance, la mortalité, le taux de chair et les données de salinité – permet au Sénégal de disposer, pour la première fois, d’une base de données harmonisée et d’un atlas cartographique complet”, a-t-il soutenu.

L’étude scientifique révèle qu’une vocation propre se dessine pour chaque zone côtière du pays.

”Le nord, particulièrement à Saint-Louis, enregistre la croissance la plus rapide du Sénégal”, a-t-il noté, relevant que dans le site de Tassinière, par exemple, les huîtres atteignent un poids record de 130 grammes. Cela ouvre désormais la voie, selon lui, à des cycles d’élevage ”courts avec une mise à l’eau en décembre et une récolte planifiée juste avant l’hivernage”.

”Les sites océaniques du centre comme la Somone, Joal ou Falia s’imposent comme le pôle de qualité nationale en offrant des huîtres très riches en chair et des rendements stables tout au long de l’année”, a souligné M. Ka.

Selon le DG de l’ANA, l’étude montre par ailleurs que ”la zone sud se révèle être le secteur privilégié et hautement stratégique pour le captage des naissains” d’huitres.

Une cartographie du potentiel ostréicole du pays réalisé pour impulser l'industrialisation du secteur

Elle met aussi en lumière la nécessité d’instaurer ”une rotation rigoureuse” des structures de production, ajoute M. Ka, notant que les données prouvent qu”’un excellent site de captage ne constitue pas forcément un bon site de grossissement pour les coquillages”.

Il a cité l’exemple du site de Mbassis (Fatick), qui a enregistré un record de 352 naissains par coupelle en septembre avant de subir près de ”85 % de mortalité lors de la phase d’élevage”.

À l’inverse, le site de Niayam, dans la commune de Potou, a enregistré une forte hausse, passant d’une dizaine de naissains par coupelle en mai à 172 en septembre.

L’ANA, partant de ce constat, préconise une stratégie de transhumance “calquée sur les modèles européens”, consistant à poser les collecteurs en août-septembre, avant de transférer les jeunes huîtres en décembre vers les sites de grossissement les plus performants comme “Tassinière, Joal, Falia, Nemabah et Djilacoune pour une récolte finale en mai-juin”.

Ces recherches démontrent aussi que la maîtrise de la mortalité reste “le premier frein” à la rentabilité de la filière ostréicole.

D’après Samba Ka, ces pertes massives de cheptel surviennent principalement en fin de saison sèche dans le centre, en raison de la forte salinité, pendant l’hivernage au nord à cause de l’arrivée massive d’eaux douces, et de manière plus diffuse dans le sud.

CS/BK