SENEGAL-SANTE
Dakar, 26 août (APS) – Le radiothérapeute et oncologue Kanka Ka, en service à l’hôpital Dalal Jamm de Guédiawaye, a évoqué, mardi, une série de défis liés à la prise en charge des cancers, dont le sous-diagnostic, le problème des ressources humaines ainsi que celui des infrastructures.
”Concernant l’épidémiologie, près de 40% de tous les cancers touchent la femme sénégalaise. Une femme sur 2 est concernée et le tiers des décès est lié au cancer. En outre, il n’y a pas de dépistage organisé, ce qui se caractérise par des retards avec une maladie avancée”, a expliqué docteur Ka.
Il s’y ajoute que les équipements sont “insuffisants” et les bilans “incomplets et sous diagnostiqués”.
Il prenait part à un atelier sur les cancers féminins, organisé mardi par l’Association des journalistes en santé, population et développement (AJSPD), à travers le projet “Santé en lumière”, en partenariat avec la Fondation Bill et Melinda Gates.
Selon le spécialiste des cancers, les défis liés à la prise en charge du cancer sont d’ordre culturel. Il y a également le problème des ressources humaines, ainsi que celui des infrastructures qui ne sont pas accessibles.
“Seules sept régions disposent d’un service d’oncologie, il s’agit de Dakar, Saint Louis, Louga, Thiès, Ziguinchor, Fatick et Diourbel”, a souligné l’oncologue.
A l’en croire, “plus de 70% des malades souffrant de cancer ont besoin de radiothérapie”, une technique “obligatoire dans le traitement standard du cancer du sein et du cancer du col de l’utérus. On comprend dès lors la mortalité élevée dans notre pays”.
Il estime que “cette situation est corrélée par une insoutenabilité du coût de la prise en charge pour bon nombre de malades”, soulignant que “90% de malades du cancer auront besoin de radiothérapie au cours de leur vie, alors que le pays ne dispose que de 3 machines”.
”Sur 10 cancers, on peut guérir les 8, mais la plupart du temps, nous n’avons pas les outils nécessaires. Les anapaths, c’est à dire les professionnels de la santé qui établissent un diagnostic de modification d’un tissu biologique lié à une pathologie ou autre, ne sont pas nombreux. Si on ne peut pas faire de diagnostic, le bilan est sombre”, a-t-il indiqué.
Pour les appareils d’Imagerie par résonnance magnétique (IRM), il a révélé que seules 3 régions, Dakar, Thiès et Diourbel, en disposent alors que les malades souffrant de cancer ont besoin de faire régulièrement un examen d’IRM.
“Les défis et les priorités sont d’améliorer l’accès aux traitements, le dépistage précoce, la réduction de la mortalité et un accès aux outils modernes et aux thérapies innovantes”, a t-il dit.
Il ressort des estimations de Globalcan qu’en 2040, le monde comptera 30 millions de nouveaux cas de cancer, pour près de 16 millions de décès par an actuellement.
Les pays à faible revenu et intermédiaire concentrent 70% de cette mortalité. Le cancer du sein et celui du col de l’utérus étant les plus mortels.
En 2022, il a été enregistré 1,1 million de nouveaux cas en Afrique.
Le cancer du sein vient en premier avec 17% des cas, celui du col de l’utérus occupant la deuxième place avec 11% des cas.
Ces deux cancers font parties des premières causes de décès.
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