SENEGAL-AFRIQUE-ENVIRONNEMENT
Dakar, 18 mai (APS) – Pesticide Action Network (PAN) Africa, un réseau d’information sur l’emploi des pesticides, a procédé, lundi, à Dakar, au lancement d’un projet régional visant à réduire l’utilisation des pesticides extrêmement dangereux.
Le budget du projet est de 800 000 dollars US américains (environ 450 millions de francs CFA), selon ses responsables. Le Bénin, le Burkina, la Guinée et le Sénégal sont les bénéficiaires de cette initiative.
‘’Son objectif est de réduire l’utilisation des pesticides hautement dangereux, à travers la promotion de solutions agroécologiques et le renforcement des cadres réglementaires dans les quatre pays bénéficiaires’’, a expliqué la coordonnatrice de PAN Africa, Ndèye Maïmouna Diène.
D’après elle, cette initiative va servir à promouvoir ‘’des solutions saines et durables’’ de fertilisation du sol, à l’aide de biofertilisants et de biopesticides.

La coordonnatrice de PAN Africa, Ndèye Maïmouna Diène
‘’Elle permettra également de former les producteurs agricoles, de sensibiliser les décideurs publics et de renforcer les capacités des services de contrôle, dont les douanes et les structures chargées de la réglementation’’, a expliqué Mme Diène.
Elle signale que des pesticides extrêmement dangereux faisant l’objet d’une interdiction dans certains pays pourraient être utilisés en Afrique de l’Ouest.
‘’Il peut y avoir un défaut de contrôle des frontières’’, ce qui pourrait engendrer l’entrée de tels pesticides dans les pays ouest-africains, a prévenu la coordonnatrice de PAN Africa.

Le directeur chargé de la réglementation et du contrôle au ministère sénégalais de l’Environnement et de la Transition écologique, Baba Dramé
Le directeur chargé de la réglementation et du contrôle au ministère sénégalais de l’Environnement et de la Transition écologique, Baba Dramé, a salué ‘’l’engagement constant’’ de PAN Africa en faveur d’une utilisation rationnelle des produits chimiques – y compris les pesticides.
‘’Certains pesticides comportent des risques considérables pour la santé humaine, les écosystèmes et la biodiversité’’, a rappelé M. Dramé, ajoutant que les enfants figurent parmi les groupes les plus exposés à la dangerosité de ces produits.
‘’Dans notre région, plusieurs défis persistent encore, notamment le trafic illicite et la circulation incontrôlée des pesticides, ainsi que l’insuffisance des mécanismes de contrôle’’ des mêmes produits, a-t-il relevé.
Baba Dramé préconise le renforcement de la coopération des États en matière de contrôle de ces produits nocifs.

‘’L’élimination progressive des pesticides hautement dangereux contribuera à la préservation des terres destinées à l’agriculture et à la protection des ressources hydriques’’, a assuré Modou Guèye Seck, le directeur chargé du financement et des partenariats au ministère sénégalais de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage.
Il suggère une collaboration des douanes avec les services s’occupant d’agriculture, de protection de l’environnement, de santé et de commerce, pour un contrôle strict de l’usage et de la circulation des pesticides.
Le projet régional visant à réduire l’utilisation des pesticides extrêmement dangereux a une durée d’exécution de trois ans. Ses responsables ont promis de dérouler des activités de formation, de plaidoyer, de sensibilisation et de certification à l’intention des agriculteurs des pays concernés.
ID/ESF/SMD
