Un pédopsychiatre met en garde contre l’amalgame entre autisme et retard intellectuel
Un pédopsychiatre met en garde contre l’amalgame entre autisme et retard intellectuel

SENEGAL-SANTE-COMMEMORATION

Dakar, 1 avr (APS) – Le responsable de l’unité de pédopsychiatrie ‘’Keur Khaleyi’’ de l’hôpital Fann, à Dakar, le pédopsychiatre Lamine Fall, invite les parents à scolariser leurs enfants atteints d’autisme, soulignant qu’il n’existe pas forcément de lien entre cette maladie et une déficience cognitive, certains d’entre eux ne présentant d’ailleurs aucun trouble de ce type

‘’Dans le secteur éducatif, on assimile généralement tous les troubles autistiques à la déficience intellectuelle. Ce qui n’est pas du tout vrai, parce qu’il y a beaucoup d’enfants qui ont des troubles spécifiques des apprentissages mais n’ont aucun trouble intellectuel. Donc leurs parents peuvent bien les scolariser’’, a-t-il fait savoir.

Le professeur Lamine Fall s’exprimait ainsi dans un entretien avec l’Agence de presse sénégalaise à la veille de la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme commémorée, depuis 2008, le 2 avril de chaque année.

L’autisme est un trouble neurodéveloppemental durable se manifestant dès la petite enfance (avant 3 ans) par des différences dans la communication sociale, les interactions, et des comportements et intérêts restreints ou répétitifs. Sa prise en charge nécessite de la patience et des traitements prodigués par plusieurs spécialistes. 

0,8 % des jeunes enfants sénégalais atteints par le spectre de l’autisme

Bien qu’il n’existe pas de statistiques nationales exhaustives sur le nombre exact de personnes autistes au Sénégal en raison de la rareté des dépistages et de la stigmatisation, des spécialistes estiment que 0,8 % des jeunes enfants sénégalais sont touchés par les troubles du spectre de l’autisme (TSA), une réalité largement invisible.

Selon le spécialiste, l’autisme se manifeste par des troubles affectifs en matière de relation et de socialisation, qui nécessitent des interventions éducatives spécialisées, un accompagnement au niveau de l’éducation ou une thérapie non médicamenteuse. ”Mais l’autisme ne se manifeste forcément par des troubles intellectuels”, a insisté M. Fall 

‘’Des enfants qui avaient une scolarisation tout à fait régulière, malgré quelques difficultés, qui avaient même réussi jusqu’à aller au collège, étaient parfois laissés en rade par des écoles qui ont refusé de les prendre, prétextant ne pas pouvoir les prendre en charge car elles ne sont pas des écoles spécialisées’’, a déploré le médecin.

Il a ainsi regretté l’absence d’écoles spécialisées au Sénégal pouvant accueillir des enfants autistes, ‘’aucune politique de santé ou éducative orientée spécifiquement’’ dans la prise en charge de ces derniers.

Se lançant dans un plaidoyer, le responsable de l’unité de pédopsychiatrie ‘’Keur Khaleyi’’ de l’hôpital Fann a souligné la nécessité de la création de structures de formation spécialisée et d’un personnel apte à s’occuper des enfants autistes, relevant un besoin exprimé par leurs parents souvent dépourvus de moyens. 

NSS/ABB/MTN