SENEGAL-SOCIETE
Saint-Louis, 8 fév (APS) – Le président du tribunal d’instance de Saint-Louis Cheikh Sèye a présenté, dimanche, son nouvel ouvrage intitulé “Le système sénégalais d’enregistrement des faits d’état civil : entre situation et recommandations”, une analyse axée sur les enjeux de la numérisation de l’état civil et les défis liés à la sécurisation des données.
L’ouvrage publié aux Presses universitaires de Dakar (PUD) évoque notamment l’éventualité de la perte de documents avec le numérique, en délaissant les registres transcrits manuellement.
‘’Quand on parle de numérisation, ce n’est pas, du moins pour le moment, pour passer au tout numérique. L’idée est de mettre une partie à la machine pour faciliter la délivrance, mais il n’est pas question de se séparer des registres’’, a expliqué le magistrat.

‘’Quand vous allez vous séparer des registres et qu’il y ait des problèmes avec le numérique, qu’est-ce que vous allez faire ?’’, s’est-il interrogé, avant de répondre : ”Vos données peuvent disparaître.’’
Il préconise l’utilisation des registres pour la délivrance, et la dématérialisation pour que celui qui se trouve à l’extérieur de sa juridiction de naissance “puisse avoir son acte rapidement’’.
“On est dans ce qu’on appelle une transition numérique. Donc, pour les procédures administratives, les procédures économiques, on passe du physique au numérique’’, a-t-il martelé, notant qu’ ‘’Il n’y a pas de mécanisme fiable à 100%”.
M. Sèye a aussi alerté sur les risques de “numériser des actes fictifs ou comportant de erreurs’’ avant de s’interroger sur la valeur de tels documents administratifs.
De son point de vue, le problème ne se trouve pas avec les registres mais, ‘’la facilité dans la délivrance et la fiabilité des actes’’, appelant à des mesures d’accompagnement et de formation pour fiabiliser les actes numérisés.
Le président du tribunal d’instance de Saint-Louis a également insisté sur la nécessité de ne pas abuser des audiences foraines.
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