SENEGAL-SANTE
Dakar, 8 avr (APS) – Un projet visant à mettre en évidence les impacts du changement climatique sur l’accès et l’utilisation des services de soins prénatals et postnatals ainsi que sur les issues de grossesse, a été officiellement lancé mercredi, en vue de sa mise en œuvre dans les régions de Dakar, Kédougou et Fatick, a constaté l’APS.
Dénommé “Catalyser la recherche action sur l’impact du changement climatique sur la santé de la mère et périnatale : vers des politiques et pratiques fondées sur des données probantes d’une durée de 3 ans”, ce projet cherche à catalyser la recherche-action autour des impacts du changement climatique sur la santé maternelle et périnatale.
L’objectif du projet est de mettre en évidence les impacts du changement climatique sur l’accès et l’utilisation des services de soins prénatals et postnatals ainsi que sur les issues de grossesse, complications maternelles et la mortalité maternelle et néonatale au Sénégal et en Gambie.
Il est financé par la Fondation Welcome Trust, à travers son programme de subvention sur l’impact du changement climatique à travers le monde.
Le Sénégal a bénéficié de ce projet à travers le Centre africain pour la recherche en population et la santé (APHRC).
Le Centre africain pour la recherche en population et la santé “vient de bénéficier de ce financement dans la cohorte de ce programme qui a démarré depuis 2023, et le Sénégal en a bénéficié en fin 2024 […]”, a précisé Sokhna Thiam, coordonnatrice de ce projet prévu pour une durée de 3 ans.

“Au Sénégal, on s’est rendu compte qu’on vit maintenant les impacts du changement climatique mais on manque d’évidences pour pouvoir mettre en œuvre des politiques d’adaptation adéquates”, a expliqué Mme Thiam.
Les résultats attendus devraient permettre de quantifier les impacts actuels et futurs de l’exposition à la chaleur, à la sécheresse et aux précipitations sur la santé maternelle et néonatale et les systèmes de santé au Sénégal et en Gambie, a pour sa part indiqué le docteur Cheikh Mbacké Faye, directeur pays du Centre africain pour la recherche en santé.
Il s’agira également, selon le docteur Faye, de déterminer la situation actuelle, les expériences vécues en matière de changement climatique et ses impacts sur l’accès aux soins prénatales et postnatales sur les prestataires/professionnels de la santé.
Le docteur Codou Badiane, point de focal santé et environnement au ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, a souligné que “la cible déclinée dans le cadre de ce projet constitue les groupes les plus vulnérables qui subissent de plein fouet les effets du changement climatique, en l’occurrence la mère”.

“Quand on parle de la mère, on parle de la femme enceinte, allaitante, le nouveau-né, l’enfant qui grandit, l’adolescent. Donc ils constituent des groupes très vulnérables aux effets du changement climatique et à certaines maladies aussi, ce qui fait qu’ils ont besoin d’accompagnement, d’accès à des services de soins de qualité à tout moment”, a-t-elle fait valoir.
“En cas de surveillance des catastrophes climatiques, on voit que cette accessibilité aux soins est menacée par des phénomènes extrêmes, notamment en cas d’inondations, de sécheresse, de fortes chaleurs, entre autres aléas climatiques”, a conclu docteur Badiane.
NSS/BK

