Un linguiste appelle à sauvegarder les savoirs acquis grâce aux langues
Un linguiste appelle à sauvegarder les savoirs acquis grâce aux langues

SENEGAL-CULTURE

Dakar, 11 fév (APS) – Le linguiste Oumar Sow Diagne, professeur de langues à l’Institut français de Dakar, appelle à sauvegarder les savoirs acquis à travers le temps, grâce aux langues.

”Aujourd’hui, les prières, les chants subsistent à travers le temps dans plusieurs langues, même si on n’a pas forcément une compréhension de ces langues-là. Il est nécessaire de sauvegarder ces savoirs-là et cela peut être beaucoup plus simple qu’on ne le pense”, a-t-il déclaré.

S’exprimant dans un entretien avec l’APS, au terme d’un atelier axé sur le thème ”Tàkhamtiku, goûter de la langue, transmettre la parole”, organisé dans le cadre d’une exposition sur ”les identités linguistiques flottantes”, M. Diagne soutient que les savoirs oraux ne nécessitent pas forcément une compréhension.

Selon lui, le ”Tàkhamtiku” auquel il fait allusion, revient lorsqu’un locuteur connaît ”bien le sens des choses qu’il a envie de transmettre”.

”On peut avoir plusieurs identités linguistiques, certaines peuvent être plus fortes que d’autres, mais cela reste toujours une richesse, car on a la possibilité de pouvoir véhiculer des messages, mais avec des images différentes”, fait-il valoir.

Il y a selon lui une différence à faire entre ”l’identité linguistique et l’insécurité linguistique”.

L’identité linguistique, explique-t-il, c’est le fait d’appartenir ou de s’identifier à une langue donnée, “dans notre expression de tous les jours ou bien quand on veut faire passer un message ou une émotion”.

”Alors que l’insécurité linguistique, ce n’est pas le fait de mal parler une langue, mais c’est beaucoup plus le ressentiment qu’on a quand on dit qu’on parle mal une langue et qu’on refuse de la parler ou bien quand on hésite à l’utiliser”, a-t-il poursuivi.

Parlant de l’identité linguistique chez les binationaux, il a évoqué la nécessité d’interroger cette dimension de ”flottement” de la langue qui, selon lui, demeure à la fois une ”richesse” ou une ”insécurité linguistique” lorsqu’il y en a plusieurs.

”Généralement, les langues disparaissent en fonction des espaces où elles sont utilisées. La transmission, au départ, n’est pas forcément dans une situation de transmission des sens mais beaucoup plus dans le fait d’être en immersion dans une langue donnée”, ajoute Oumar Sow Diagne.

AMN/SBS/ASB/HB/BK