SENEGAL-ENVIRONNEMENT
Thiès, 24 avr (APS) – L’ingénieur aménagiste Insa Seydou Diémé préconise la construction d’ouvrages anti-érosion accessibles, comme les cordons pierreux et les croissants lunaires, pour faire face à la dégradation des écosystèmes au Sénégal, causée par l’urbanisation anarchique et la déforestation.
La technique de pose de cordon pierreux “fait partie des stratégies de lutte anti-érosion” et “joue un rôle important dans le ralentissement des eaux de ruissellement mais également dans le stockage du sable”, a-t-il dit lors d’une session de formation de femmes rurales aux techniques aux techniques de lutte anti-érosion, pour lutter contre la dégradation des écosystèmes.
La rencontre s’est tenue jeudi à Thiès, sous l’égide du Groupe d’initiatives pour le progrès social (GIPS/WAR), en guise de célébration décalée de la Journée mondiale de la terre à Thiès.
Selon cet expert, la dégradation des écosystèmes, causée par l’urbanisation anarchique et la déforestation, nécessite “des solutions concrètes basées sur la nature, pour restaurer la biodiversité”.

“Aujourd’hui, nous avons constaté que les écosystèmes sont dégradés par la prolifération de programmes de lotissement conçus sans tenir compte de l’environnement. Il y a également la coupe abusive des arbres”, a déploré M. Diémé.
Il considère que “les ouvrages de défense et de restauration [accessibles], sont nécessaires” pour préserver l’environnement de cette destruction continue.
L’ingénieur a évoqué, parmi la panoplie d’ouvrages accessibles, les cordons pierreux, qui jouent un rôle important dans le ralentissement des eaux de ruissellement, mais aussi les croissants lunaires, qui permettent une forte rétention, pour un bon niveau d’infiltration.
Le principe consiste à aligner des pierres ou moellons au sol, pour freiner le ruissellement des eaux de pluie et favoriser leur infiltration, augmentant ainsi l’humidité du sol. Ces dispositifs retiennent aussi les nutriments et le limon qui aident à la fertilisation du sol.

Il y a aussi, a-t-il ajouté, les puits de régulation, qui permettent de perturber la progression du ruissellement et d’autres ouvrages qui aident l’eau à s’infiltrer dans le sol pour recharger la nappe phréatique.
Ces dispositifs artificiels participent dans le même temps à la restauration de la forêt, parce qu'”ils sont toujours accompagnés de reboisement”, explique-t-il.
“Nous plantons des arbres qui suivent les ouvrages, [et] ces arbres vont jouer, demain, le rôle [assigné à] l’ouvrage aujourd’hui”, conclut Insa Seydou Diémé.
BT/ADI/BK

