SENEGAL-ARMEES-SANTE
Thiès, 5 juin (APS) – Un hôpital militaire de campagne (HMC) sera déployé au cours de l’année à Mbane (nord), une initiative marquant ainsi une “nouvelle étape de la stratégie nationale de rapprochement des soins des populations”, a annoncé le professeur Abdourahmane Niang, médecin-colonel, chef du service de pneumologie de l’hôpital Principal de Dakar.
”Un hôpital militaire de campagne sera installé à Mbane en 2026”, a-t-il dit au cours d’un panel auquel il prenait part, dans le cadre d’un congrès de trois jours – de mercredi à vendredi – organisé par l’unité de formation et de recherche (UFR) Santé de l’Université Iba Der Thiam de Thiès, en hommage au professeur Mamadou Mourtalla Ka, premier directeur de cette deuxième faculté de médecine du Sénégal.
Selon Abdourahmane Niang, par ailleurs directeur de l’Ecole d’application du Service de santé des armées (EASSA) de Dakar, ce projet en cours représente ”une nouvelle étape dans la stratégie nationale de rapprochement des soins des populations”.
Les hôpitaux militaires de campagne sont des structures mobiles déployées sur toute l’étendue du territoire national et à l’étranger, a-t-il dit.

Il s’agit d’hôpitaux militaires qui tiennent dans des conteneurs transportés sur des camions plateau.
L’armée dispose d’un HMC de niveau EMT-2, certifié par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en octobre 2024 et qui peut être déployé à l’étranger, en cas de besoin, a-t-il signalé.
L’avantage de ces structures réside dans le fait qu’elles peuvent être mises en place ”en quelques jours”, a-t-il expliqué.
Elles témoignent, selon lui, de la ”capacité des armées à se mobiliser rapidement au profit des populations dans un contexte d’urgence sanitaire majeure”.
Selon le professeur Abdourahmane Niang, l’HMC déployé à Touba pendant la pandémie de Covid-19 avait valu beaucoup de satisfactions aux populations et aux autorités sanitaires locales.
Doté d’unités de consultation, de lits d’hospitalisation, d’une unité de réanimation, d’une pharmacie, il disposait aussi d’équipements biomédicaux adaptés à la détection et à l’isolement des cas suspects de Covid-19.
Cet hôpital avait effectué plus de 7 000 consultations gratuites au profit des populations de Touba et des localités environnantes, en recevant 100 à 150 patients par jour.
Il a représenté un “soutien décisif aux autorités sanitaires locales et contribué au renforcement du dispositif national de lutte contre la Covid-19”, a dit l’universitaire.
L’expérience ainsi acquise lors de la pandémie, a débouché sur “de nouvelles formes de coopération” entre le ministère de la Santé et le ministère des Forces armées, a-t-il renseigné.
Dans ce sillage, une convention de partenariat avait été signée en mars 2025 pour le déploiement d’un hôpital mobile itinérant.
Ce type de structures contribue à l'”équité sanitaire”, en permettant de “projeter les capacités médico-chirurgicales militaires au profit des populations civiles vivant dans des zones éloignées des grands centres hospitaliers”.
Elles “peuvent jouer temporairement le rôle d’un hôpital régional dans les zones où l’accès à des services spécialisés demeure difficile”.

Après la pandémie, le déploiement d’un hôpital militaire de niveau 2 à Médina Yoro Foulah (Kolda-sud), le 4 juillet 2025, a été la première étape de ce programme.
Au total, ”4.434 patients avaient été pris en charge, 11.201 prestations gratuites offertes, 161 interventions chirurgicales, 41 accouchements, dont 11 césariennes réalisées pour la première fois” dans cette commune, a-t-il rapporté.
A cela, se sont ajoutées 879 analyses biologiques et 537 échographies.
”La santé est un des domaines dans lesquels s’exprime la solidarité entre l’armée et la nation”, a souligné le médecin-colonel.
Le Service sanitaire des armées (SSA) compte au total 37 structures fixes à travers le pays dont deux hôpitaux de niveau 3, deux de niveau 2.
Il considère que le SSA est “un outil de souveraineté” sanitaire s’inspirant du principe selon lequel “protéger la nation, c’est aussi protéger la santé des populations”.
Le concept ”armée-nation”, ”un des piliers de la doctrine des armées sénégalaises depuis l’indépendance”, repose sur l’idée que “l’armée est une émanation de la nation”, explique le professeur Niang.
Au-delà de ses missions régaliennes, l’armée doit participer au développement économique et social du pays, à travers la santé opérationnelle et la réalisation d’infrastructures par le Génie militaire, a-t-il dit.
Parmi les “nombreux défis futurs” du Service sanitaire des armées, il a cité la couverture sanitaire des zones frontalières et la certification des HMC aux standards internationaux.
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