Un documentaliste énonce les principaux axes d’une politique nationale d’archivage audiovisuel
Un documentaliste énonce les principaux axes d’une politique nationale d’archivage audiovisuel

SENEGAL-PATRIMOINE-CONSERVATION

Dakar, 27 oct (APS) –Le directeur des Archives du Sénégal, Moustapha Mbengue, a préconisé une politique nationale d’archivage audiovisuel articulé sur quatre axes, dont l’instauration du dépôt légal, un levier déjâ éprouvé, s’agissant de la presse ecrite.

Le premier axe de la politique nationale de l’archivage doit être “de nature juridique. Le dépôt légal de l’audiovisuel, public comme privé, doit être instauré et rendu effectif par un levier éprouvé dans la presse écrite”, a-t-il proposé.

Il a évoqué l’exemple de la presse écrite qui “montre la voie”, rappelant que le dépôt légal est devenu une condition d’accès au fonds d’aide à la presse.

La licence ou l’autorisation d’exploitation serait ainsi subordonnée au respect de l’obligation de dépôt des productions audiovisuelles, ce qui permettrait d’obtenir “l’adhésion plutôt que de recourir à la sanction”, a-t-il indiqué dans un entretien avec l’APS, dans le cadre de la Journée mondiale du patrimoine audiovisuel, commémorée le 27 octobre de chaque année.

Le deuxième axe qu’il qualifie de “patrimonial” consiste, d’après M. Mbengue, à faire “un inventaire national des fonds audiovisuels, établi avec l’ensemble des dépositaires”.

Cela fournirait “un état partagé de l’existant” et permettrait de définir des priorités, comme la numérisation des supports les plus menacés et la constitution de copies de sécurité, conformément à des conventions de complémentarité entre les institutions.

Le troisième axe de cette politique touche à la question des moyens et la Maison des archives en constitue “la pièce maîtresse”, note le documentaliste. Elle offrira, dit-il, l’espace et le matériel modernes de stockage dont le fonds audiovisuel a impérieusement besoin.

Il a signalé, à ce sujet, que l’Ecole des bibliothécaires, archivistes et documentalistes (EBAD) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar propose une formation en Archives et documentation audiovisuelles, soulignant que les ressources humaines constituent un “maillon indispensable” de la chaîne de conservation.

La diffusion en constitue enfin le “prolongement naturel”. “Conserver sans diffuser reviendrait à thésauriser la mémoire, et diffuser sans conserver à la dilapider”, a-t-il prévenu, faisant le plaidoyer de l’accès à ces documents audiovisuels.

La politique à construire doit aussi “prendre appui sur l’existant : les compétences réunies à la RTS, à l’IFAN, à la Direction de la cinématographie, à TFM et aux Archives nationales constituent un capital précieux qu’il convient de mettre en réseau plutôt que de créer des structures concurrentes”, a-t-il relevé.

Selon lui, la Télévision futurs médias (TFM) fait partie des rares médias privés qui conservent leurs archives “avec rigueur”, et dont les fonds sont “bien organisés et gérés par des archivistes qualifiés”.

HK/BK/MTN