Un diplomate égyptien évoque les répercussions du conflit au Moyen-Orient sur son pays
Un diplomate égyptien évoque les répercussions du conflit au Moyen-Orient sur son pays

MONDE-SENEGAL-CRISE

Dakar, 15 avr (APS) – La crise actuelle au Moyen-Orient et ses répercussions ont contraint l’Egypte à prendre des mesures d’urgence pour supporter le poids d’un “lourd fardeau économique”, a déclaré l’ambassadeur d’Égypte au Sénégal, Khaled Aref.

“Beaucoup de mesures ont été entreprises en urgence pour absorber ce choc énergétique et financier qui pèse sur notre pays”, a-t-il dit en marge d’un panel organisé par Pencum WARC, mercredi, sur le thème “La guerre au Moyen-Orient : origines, enjeux géostratégiques. Quelle place pour l’Afrique ?”

Loin des champs de bataille, le peuple égyptien subit de plein fouet les ondes de choc financières du conflit, obligeant les autorités à prendre des mesures d’urgence pour supporter le poids d’un “lourd fardeau économique”.

L’envolée des prix du gaz et du pétrole a forcé l’État à imposer une politique de rationalisation stricte, a-t-il indiqué.

Symbole de cette crise, les commerces doivent désormais fermer leurs portes à 21h, ce qui constitue un bouleversement majeur pour une capitale mondialement connue pour son effervescence ininterrompue, 24 heures sur 24 selon le diplomate.

Dans le même temps, Le Caire déploie une diplomatie “tous azimuts” pour prévenir un embrasement total de la région.

“Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Abdel-Ati, s’est rendu à Washington pour des entretiens cruciaux visant à bâtir sur le partenariat historique avec les États-Unis et débloquer la situation”, a souligné l’ambassadeur.

Le président Abdel Fattah al-Sissi a multiplié les visites éclairs aux Émirats arabes unis, au Qatar, à Bahreïn et en Arabie saoudite, pour réaffirmer que la sécurité des pays du Golfe et celle de l’Égypte sont liées.

L’Égypte a pris l’initiative de créer un cadre de coordination original avec la Turquie, l’Arabie saoudite et le Pakistan, une alliance dont le but est d’instaurer un nouvel ordre sécuritaire basé sur la souveraineté et la sécurité collective.

“Nous avons été le premier pays à avoir un accord de paix avec Israël. On veut bâtir sur cela et regagner la sécurité régionale et internationale”, a soutenu Khaled Aref.

L’ambassadeur a rappelé que l’Égypte ne perd pas de vue les foyers de tension les plus critiques et insiste sur le respect de la souveraineté du Liban et le rôle central de son armée.

Concernant Gaza et la Cisjordanie, la position égyptienne reste ferme : le drame humanitaire doit demeurer la priorité absolue de la communauté internationale.

Aussi Le Caire appelle à une aide immédiate et à l’application concrète des étapes du plan de paix pour mettre fin aux souffrances des populations civiles.

MF/BK