Trois enfants sur quatre ne bénéficient pas d’une diversité alimentaire minimale au Sénégal (experte)
Trois enfants sur quatre ne bénéficient pas d’une diversité alimentaire minimale au Sénégal (experte)

SENEGAL-SANTE-NUTRITION

Dakar, 24 juin (APS) -Trois enfants sur quatre ne bénéficient pas d’une diversité alimentaire minimale au Sénégal, une situation qui compromet leur croissance et contribue au maintien de niveaux élevés de malnutrition, a souligné, mercredi, à Dakar, Nafy Ba Lo, experte en nutrition au Secrétariat exécutif du Conseil national de développement de la nutrition (CNDN).

S’exprimant lors d’une journée d’orientation organisée à l’intention des journalistes, sur le thème “La nutrition, levier fondamental pour le développement du capital humain”, elle a indiqué que la diversité alimentaire constitue un indicateur essentiel de la qualité du régime alimentaire des jeunes enfants.

Les recommandations en vigueur à ce sujet préconisent la consommation d’au moins cinq groupes d’aliments distincts sur huit, afin de garantir un apport nutritionnel adéquat. Mais les données disponibles montrent que près de 75 % des enfants sénégalais n’atteignent pas ce seuil minimal, a-t-elle fait savoir.

“Cette faible diversité alimentaire peut être l’un des facteurs expliquant les niveaux encore élevés de malnutrition aiguë observés dans le pays”, a fait valoir l’experte, insistant sur la nécessité de renforcer les actions de sensibilisation et d’améliorer l’accès des ménages à une alimentation variée et équilibrée.

Elle a rappelé que le profil nutritionnel du Sénégal reste marqué par plusieurs défis, évoquant un niveau élevé de malnutrition aiguë et d’anémie chez les enfants, ainsi qu’une transition nutritionnelle caractérisée par une évolution des habitudes alimentaires et une progression des maladies non transmissibles liées à l’alimentation.

”La prévalence de l’anémie chez les enfants âgés de 6 à 59 mois demeure préoccupante au Sénégal, où elle touche 59,8 % de cette tranche d’âge, un niveau largement supérieur au seuil de 40% considéré comme problématique”, a-t-elle relevé.

L’experte en nutrition a toutefois signalé que ce taux était passé de ”64 % en 2017 à 47,6 %” chez les femmes en âge de procréer, signe que les interventions mises en œuvre “produisent des résultats, même si des efforts supplémentaires restent nécessaires”.

Selon Nafy Ba Lo, “les pratiques alimentaires, dès le plus jeune âge, doivent être améliorées, notamment en matière d’allaitement maternel exclusif et d’alimentation complémentaire, afin de favoriser un meilleur développement physique et cognitif des enfants”.

Le fait d’investir dans une alimentation diversifiée dès la petite enfance “constitue un levier stratégique pour renforcer le capital humain et améliorer les perspectives de développement du pays”, a-t-elle ajouté.

Les études montrent qu’au Sénégal, chaque dollar investi dans la nutrition génère un retour estimé à 20 dollars grâce aux bénéfices sur la santé, l’éducation et la productivité économique, a-t-il conclu.

NSS/HB/BK