Tokyo prêt à aider Dakar à atteindre l’objectif ‘’zéro mine en Casamance
Tokyo prêt à aider Dakar à atteindre l’objectif ‘’zéro mine en Casamance

SENEGAL-JAPON-COOPERATION

Djibélor (Ziguinchor), 7 mai (APS) – L’ambassadeur du Japon au Sénégal, Akamatsu Takeshi, a réaffirmé jeudi, à Ziguinchor (sud), l’engagement de son pays à aider le Sénégal à atteindre l’objectif ‘‘zéro mine’’ en Casamance à l’horizon 2031, conformément à la Convention d’Ottawa.

Plusieurs projets liés à la sécurité, à la stabilité et à la protection des populations ont été lancés en Casamance avec le concours de partenaires internationaux, a notamment détaillé le diplomate japonais.

Il intervenait lors d’une visite de presse au Centre d’entraînement de la capacité nationale de déminage de l’ISRA de Djibélor, consacrée aux opérations de déminage humanitaire conduites avec l’appui du Service japonais de l’action antimines (JMAS).

‘‘Notre volonté, c’est de former la capacité nationale pour que le Sénégal puisse devenir un centre d’excellence du déminage en Afrique de l’Ouest’’, a souligné Akamatsu Takeshi.

Le directeur du Centre national d’action antimines du Sénégal (CNAMS), Salomon Diédhiou, a pour sa part annoncé une relance prochaine des opérations de déminage après le processus d’accréditation des organisations engagées dans l’action antimines.

Il a toutefois insisté sur les défis logistiques et financiers liés notamment à l’acquisition de porte-chars et à la forte consommation en carburant des engins mécaniques.

‘‘L’option du Sénégal, c’est d’avoir zéro mine partout au Sénégal à l’horizon 2031’’, a rappelé M. Diédhiou

Devant des journalistes venus de Dakar et de Ziguinchor, les responsables du Centre d’entraînement de la capacité nationale de déminage de l’ISRA de Djibélor, ont présenté le dispositif sécuritaire et les techniques utilisées dans les opérations de déminage.

‘‘Nous sommes dans une zone où la sécurité doit être considérée au plus haut niveau. Il va falloir écouter attentivement et suivre toutes les instructions’’, a insisté Souleymane Doucouré, expert en déminage humanitaire et superviseur du site.

Tokyo prêt à aider Dakar à atteindre l’objectif ‘’zéro mine en Casamance

Les visiteurs ont découvert l’organisation d’un chantier de déminage articulé autour de trois espaces : la zone de vie, la zone de transition et la zone dangereuse.

Selon M. Doucouré, une distance d’environ cent mètres est maintenue entre les zones de repos et les secteurs à risque afin de limiter les conséquences d’éventuelles explosions.

‘‘La zone de vie doit rester totalement sûre parce que c’est là où le personnel se repose et reprend des forces’’, a-t-il expliqué.

Les équipes de la capacité nationale ont également présenté les équipements de protection des démineurs, notamment les casques, visières et gilets blindés, ainsi que les détecteurs de métaux utilisés pour localiser les objets enfouis.

“Quand le détecteur sonne, cela ne signifie pas forcément qu’il s’agit d’une mine. Il peut aussi détecter des objets métalliques ordinaires’’, a précisé le superviseur du site.

Au cours de cette immersion, les journalistes et participants ont été initiés au système de marquage des terrains minés à l’aide de piquets de différentes couleurs indiquant les zones sécurisées ou dangereuses.

Les responsables ont également exposé plusieurs types d’engins explosifs retrouvés en Casamance, dont des mines antipersonnelles, des mines antichars, des roquettes, des grenades et des obus. Parmi les engins les plus fréquemment découverts figurent notamment les mines antipersonnelles MAPS et PRM-35.

Tokyo prêt à aider Dakar à atteindre l’objectif ‘’zéro mine en Casamance

Une démonstration de déminage manuel a ensuite été effectuée par une démineuse de la capacité nationale.

Le chef de chantier Ibrahima Ndiaye, formé au Centre de perfectionnement aux actions post-conflits de déminage et de dépollution (CPADD) du Bénin, a salué le niveau de qualification des équipes sénégalaises.

‘‘Ici, il n’y a que des personnels expérimentés. Nous comptons des niveaux OED 1, OED 2 et OED 3’’, a-t-il assuré.

Les responsables ont également présenté deux machines blindées de déminage acquises grâce au soutien du gouvernement japonais.

Pesant chacune 35 tonnes et capables de détruire des engins explosifs enfouis à plusieurs profondeurs, ces équipements représentent un renforcement important des capacités opérationnelles.

Quinze agents sénégalais ont déjà été formés à leur utilisation.

Toutefois, leur déploiement reste freiné par l’absence de porte-chars adaptés à leur transport vers les sites minés.

MNF/ASB/AKS