SENEGAL-EDUCATION-PREPARATIFS
Thiès, 2 oct (APS) – Les autorités administratives et académiques de Thiès (ouest) ont appelé à une mobilisation populaire impliquant notamment le mouvement associatif pour que la rentrée des classes puisse se dérouler dans de bonnes conditions.
“Nous appelons le mouvement associatif à accompagner les préparatifs de la rentrée scolaire”, a notamment déclaré le gouverneur de la région de Thiès, Saer Ndao, jeudi, lors d’une réunion du comité régional de développement (CRD) consacrée à la rentrée scolaire 2026-2027.
Présentant le nettoiement des établissements scolaires comme une étape essentielle dans le processus de préparation de la rentrée des classes, le gouverneur a appelé tous les acteurs à se mobiliser pour accompagner la Société nationale de gestion des déchets solides (Sonaged), déjà déployée, tout comme le service d’hygiène.
M. Ndao a dit avoir demandé à la Sonaged d’accélérer les opérations, pour que les enseignements puissent démarrer le 7 octobre.
“Nous engageons l’ensemble du mouvement associatif à nous accompagner dans ce dispositif, que ce soit l’ORCAV ou l’ODCAV, les mouvements à foulard, pour qu’il y ait une dynamique populaire pour nettoyer les écoles”, a dit Saer Ndao.
Il a insisté sur l’importance de mobiliser toutes ces ASC présentes dans les quartiers au profit de l’école.
Selon lui, le ministère de la Jeunesse a déjà envoyé une lettre à tous les directeurs régionaux de la jeunesse, pour qu’ils impliquent les mouvements associatifs dans la préparation des écoles.
“Nous devons installer les élèves dans d’excellentes conditions, sous la supervision des autorités administratives”, a insisté le gouverneur.
Il a aussi invité les collectivités territoriales, en plus du matériel scolaire distribué aux élèves, de mettre à la disposition du service d’hygiène, les produits dont ils ont besoin pour leurs opérations.
La sécurisation de l’environnement scolaire est aussi une préoccupation des autorités. M. Ndao a évoqué le cas d’un établissement de Tivaouane devant lequel un arrêt de mototaxi Jakarta a été installé, causant des nuisances sonores aux élèves et au personnel.
Il a appelé à veiller à ce que les commerces aux abords écoles ne perturbent pas le déroulement des enseignements.
M. Ndao a demandé au service d’hygiène, au-delà des certificats de salubrité, de contrôler les produits vendus aux élèves, évoquant la présence de “beaucoup de produits prohibés vendus les écoles” dans des emballages liés à l’école pour ne réveiller aucun soupçon. Des descentes inopinées sont recommandées.
Il engage aussi la responsabilité des enseignants et surtout des directeurs d’école qui sont sur les lieux, les parents n’étant au courant de rien.
La police, la gendarmerie et le service d’hygiène travailleront à renforcer la sécurité dans l’espace scolaire, a-t-il dit, insistant sur le rôle de l’Etat de sévir contre les formes de délinquance qui “se développent petit à petit” à travers les écoles.
Il a invité les inspections d’académie et les inspections de l’éducation et de la formation à s’impliquer dans cette dynamique de sécurisation de l’environnement intramuros et extramuros.
Saluant les actions citoyennes “très positives” de l’Association des ouvriers de la région de Thiès, il l’a invitée à se mobiliser encore comme elle le fait chaque année, pour réparer les tables-bancs défectueux.
Le gouverneur a demandé à ce que les inspecteurs, en relation avec les agents sanitaires, réfléchissent à un dispositif d’accompagnement des jeunes filles, à travers certaines commodités comme les toilettes adaptées, les serviettes hygiéniques, pour contribuer à leur maintien à l’école.
La question des écoles sans point d’eau sera traitée par les inspections d’académie, en relation avec la SENEAU – société chargée de la production et de la distribution de l’eau potable -, à travers un système gestion des factures, a-t-il assuré.
Il a souligné la place de l’enseignement privé qui, dit-il, “n’est plus une échappatoire, mais une offre de service de qualité à intégrer dans le dispositif, de la même manière que les acteurs du public”.
A propos de la complainte du directeur de l’enseignement catholique (DIDEC) au sujet des “dégâts collatéraux” du recrutement spécial d’enseignants sur les écoles privées, l’autorité administrative a suggéré des modalités de mise en œuvre plus favorables, même s’il relève aussi que les postulants ont aussi droit à un plan de carrière.

Un besoin de de 853 salles de classe
Pour ce qui est de l’état des infrastructures scolaires, le gouverneur a indiqué qu’un recensement des écoles menaçant ruine a été fait et son exploitation devra permettre de trouver “des solutions transitoires”, en recourant provisoirement à d’autres locaux.
“Mieux vaut avoir des classes dispersées, mais avec une bonne sécurité que d’être dans une [même] enceinte où il n’y a pas de sécurité”, a-t-il souligné.
Le lycée Jules Sagna, souvent cité parmi les établissements délabrés avec le lycée Malick Sy, figurent parmi ceux qui seront réhabilités par un programme de l’Etat, a dit l’inspecteur Gana Sène, qui présentait l’état des lieux des écoles.
Selon lui, les travaux de réfection ont démarré au lycée Demba Diop de Mbour.
Il a noté que 80 établissements ont été impactées par l’hivernage, dont 57 dans l’élémentaire, 12 dans le moyen et 10 dans le secondaire.
Cette année, un surplus de 4.527 élèves a été reçu dans le moyen, du fait de la suppression du CFEE.
La région a besoin de 853 salles de classe, 94 points d’eau, 526 enseignants, 26 inspecteurs d’enseignement élémentaire, 10 enseignement du moyen général.
Les besoins en tables-bancs sont évalués à 61.320, et les tables-bancs à réhabiliter à 43.769.
ADI/BK

