Mbayenne, 26 fév (APS) – La commune de Mbayenne, située dans la région de Thiès (ouest), vit dans un dénuement quasi total en termes d’infrastructures, a appris l’APS de son maire et de ses habitants.

Pour recharger la batterie de son téléphone portable, à Gouye Dagga, le village où il réside dans cette municipalité, Mor Sow, le maire, n’y arrive qu’à l’aide du système électrique de sa voiture. Une trentaine des 63 villages composant la commune sont sans électricité.

Le village de Mbayenne, où se trouve la mairie de cette collectivité territoriale de plus 12.000 habitants, est à 45 kilomètres de Tivaouane. Les deux postes de santé de la commune, en plus d’être sous-équipés, menacent ruine.

L’agriculture et l’élevage sont les principales activités économiques des populations.

Après les travaux champêtres de la saison des pluies, une bonne partie des habitants de Mbayenne et des autres villages ne fait que se retourner les pouces, les deux sources de revenus commençant à tarir, faute d’accompagnement des pouvoirs publics, selon des habitants de ladite collectivité territoriale.

“Je déplore le manque de soutien des autorités de l’État pour notre commune. Notre maire fait de son mieux, mais aucun projet de développement n’est mis en œuvre dans notre municipalité”, s’alarme le jeune Diouldé Sow, un habitant du village chef-lieu de commune.

M. Sow ne s’explique pas l’absence à Mbayenne du Programme d’urgence de développement communautaire (PUDC), avec lequel l’État a implanté des infrastructures de base dans de nombreuses communes du pays, avec le soutien du Programme des Nations unies pour le développement.

Mor Sow, le maire de Mbayenne 

Le maire dit plaider auprès des pouvoirs publics la cause de la municipalité qu’il dirige depuis janvier 2022. En vain. Aucun mètre carré des routes de Mbayenne n’est pourvu de goudron, se désole-t-il.

Les populations inhalent à longueur de journée la poussière que soulèvent sur leur passage les nombreuses voitures traversant les routes sablonneuses de la commune.

“Je suis allé dans tous les ministères, dans beaucoup de directions de sociétés nationales, celle chargée des collectivités territoriales, par exemple, pour les alerter du niveau de pauvreté de notre commune. Nous avons 10 écoles primaires. Aucune d’entre elles ne dispose de la moindre machine de reprographie”, se plaint M. Sow.

“Même pour photocopier des documents, les enseignants sont obligés d’aller à Niakhène ou à Pékesse”, des localités situées à plusieurs kilomètres de Mbayenne, regrette le maire.

Le contact noué avec les responsables du PUDC est suivi des nombreux coups de fil sans suite du président du conseil municipal, selon ses dires. “C’est toujours la même chanson”, se désole-t-il ajoutant, en citant ses interlocuteurs : “Le programme de Mbayenne est bien là. Nous ne tarderons pas à venir donner les premiers coups de pioche.”

L’unique école d’enseignement moyen de la commune est confrontée à un manque de salles de classe et d’autres équipements, selon son principal, Robert Yoro Faye.

Élèves et animaux en divagation se partagent la cour du collège, la traversée de l’école par les animaux domestiques contraignant très souvent enseignants et élèves à interrompre les cours.

Le principal du collège d’enseignement moyen ne sait plus à quel saint se vouer, après avoir interpellé à maintes reprises le maire.

“Au début de l’année, j’ai fait part au maire de nos besoins. Nous avons réclamé un bloc administratif, par exemple”, s’inquiète M. Faye, disant être dépourvu lui-même d’un bureau et de toilettes.

“Enseignants et élèves se partagent les seules toilettes qui existent”, ajoute le chef d’établissement.

Une pièce très étroite sert en même temps de bureau du principal du collège, de salle des professeurs et de magasin de stockage du matériel didactique. Les ballons et les tapis utilisés pour les cours d’éducation physique y sont entassés.

“J’aurai des comptes à rendre à l’inspection d’académie de Thiès, si jamais quelque copie disparaît lors des déplacements entre Mbayenne et Pékesse ou Niakhène. Nous avons beau faire des efforts, rien n’a été fait pour équiper notre école”, se plaint Robert Yoro Faye, affirmant que les classes ont des effectifs en surnombre.

Interpellée sur la situation du collège de Mbayenne, la présidente du conseil départemental de Tivaouane, Seynabou Gaye Touré, a promis de lui offrir des tablettes.

Il ne resterait que “les procédures administratives” pour les distribuer, dit le principal en citant Mme Touré.

MKB/ADI/ESF/SMD/BK

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