Tambacounda : un expert pointe l’absence de plans d’aménagement des sols dans plusieurs communes de la région
Tambacounda : un expert pointe l’absence de plans d’aménagement des sols dans plusieurs communes de la région

SENEGAL-COLLECTIVITES-AMENAGEMENT

Tambacounda, 17 fév (APS) – L’expert Alioune Badara Diop, de l’ONG TAATAAN, a relevé, mardi, l’absence de plans d’aménagements des sols dans plusieurs communes de la région de Tambacounda (est), un instrument devant pourtant permettre de mieux lutter contre des fléaux tels que les conflits entre pasteurs et agriculteurs.

“Dans le cadre de la gestion du foncier et des flux migratoires des animaux, beaucoup de communes ne disposent pas de plans d’aménagements des sols, un instrument de planification qui pourrait permettre désagréger l’occupation des sols”, a-t-il déclaré.

Alioune Badara Diop, une ancienne autorité administrative, s’exprimait à Sinthiou Malème, une commune de l’arrondissement de Koussanar située à environ 29 kilomètres de la ville de Tambacounda, dans le cadre de la mise en œuvre de la phase 2 du projet SENRESILIENCE II.

SENRESILIENCE II est financé par l’Union européenne et mis en œuvre par l’ONG TAATAAN, en partenariat avec la Fondation Konrad Adenauer.

Dans la mise en œuvre de la phase 2 ce programme, plusieurs ateliers de renforcement de capacités axés sur diverses thématiques ont été organisés du 9 au 17 février dans huit communes des départements de Tambacounda, Koumpentoum et de Goudiry, à l’intention des collectivités territoriales.

Il s’agit notamment de thématiques sur la sécurité collaborative, la prévention des conflits fonciers, la cohabitation entre pasteurs et agriculteurs, le vol de bétail, la vulgarisation des codes relatives à la gestion des ressources naturelles etc.

Tambacounda : un expert pointe l'absence de plans d'aménagement des sols dans plusieurs communes de la région

Au terme de ces échanges avec les autorités et populations locales, Alioune Badara Diop dit avoir noté “beaucoup de difficultés dans la gestion des points d’eau”, des lieux de convergence où “il n’existe pas un mécanisme qui permet de les gérer”.

L’expert est revenu sur les difficultés rencontrées dans la cohabitation entre agriculteurs et éleveurs, soulignant la nécessité de multiplier les concertations pour gérer dans la paix et la sérénité cette cohabitation qu’il juge nécessaire.

“Nous avons constaté que l’arrivée des éleveurs, soit à la saison sèche ou à la fin de la saison des pluies, pose des problèmes, parce qu’il y a des éleveurs qui arrivent au moment de la période des récoltes, et d’autres qui arrivent à la fin des récoltes, mais ces deux mouvements ne font pas l’objet d’un dialogue qui permet d’accueillir et d’installer les éleveurs à travers des couloirs de transhumance qui seront respectés [par les deux parties]”, a-t-il expliqué.

Selon M. Diop, beaucoup d’agriculteurs utilisent les couloirs de passage du bétail pour en faire des zones agricoles, et beaucoup d’éleveurs ne respectent pas non plus les couloirs de passages conduisant à l’intrusion du cheptel dans les champs des paysans.

“Si ces cas de figures se présentent, vous imaginez un peu les difficultés que cela peut engendre en termes de cohabitation […], donc il est important, par un système de concertation, qu’on puisse anticiper l’arrivée des éleveurs et pouvoir gérer dans la paix et la sérénité cette cohabitation nécessaire entre ceux éleveurs et agriculteurs”, a-t-il plaidé.

SENRESILIENCE II est un programme visant à renforcer la résilience des acteurs locaux et des populations, en particulier des femmes et des jeunes, face aux menaces sécuritaires extérieures en contribuant à préserver ou rétablir la cohésion sociale et à créer un climat de confiance pour favoriser une évolution positive.

SENRESILIENCE II compte ainsi mettre en place un cadre de dialogue pour renforcer la cohésion sociale à travers l’intensification des relations, des échanges et des dialogues entre toutes les parties prenantes des communes concernées.

ABD/BK