Souveraineté pharmaceutique : les pharmaciens appellent à renforcer la production locale
Souveraineté pharmaceutique : les pharmaciens appellent à renforcer la production locale

SENEGAL-SANTE

Mbour, 2 oct (APS) -Les pharmaciens sénégalais ont appelé vendredi à Saly (Mbour, ouest), à renforcer la production locale de médicaments et l’accompagnement des industriels nationaux, soulignant la forte dépendance du Sénégal aux importations.

Ils intervenaient à l’ouverture de la cinquième édition des Journées du médicament, organisée par le Syndicat des pharmaciens privés du Sénégal (SPPS).

“Le Sénégal importe près de 97 % de ses besoins en médicaments et autres produits de santé”, a déclaré le président de l’Ordre des pharmaciens du Sénégal, docteur Mbaye Aw, estimant que cette situation rend nécessaire l’accélération du processus de souveraineté pharmaceutique.

Selon lui, le pays dispose déjà de “champions locaux” qui ont investi dans le secteur et dont l’accompagnement par l’État devrait notamment passer par la facilitation de l’investissement, l’accès au foncier et une fiscalité adaptée.

“La professionnalité pharmaceutique est aujourd’hui mobilisée”, a-t-il indiqué, ajoutant que la souveraineté pharmaceutique doit permettre de garantir aux populations des médicaments répondant aux exigences de qualité, de sécurité et d’efficacité.

Le président du Syndicat des pharmaciens privés du Sénégal, docteur Serigne Ahmadou Bamba Ndour, a pour sa part souligné que la souveraineté pharmaceutique “est un processus” et non une démarche qui se décrète.

Souveraineté pharmaceutique : les pharmaciens appellent à renforcer la production locale
Dr Serigne Ahmadou Bamba Ndour, président du Syndicat des pharmaciens privés du Sénégal (SPPS).

“La souveraineté pharmaceutique est lancée et on n’a pas le droit de s’arrêter”, a-t-il déclaré, appelant à soutenir les acteurs locaux afin de produire les médicaments nécessaires à la prise en charge des pathologies qui touchent les populations sénégalaises.

La lutte contre les faux médicaments au cœur des préoccupations

Les participants aux Journées du médicament ont également mis l’accent sur la lutte contre le marché illicite et les faux médicaments, considérés comme un enjeu majeur de santé publique et de viabilité des officines.

Le président de l’Ordre des pharmaciens a plaidé pour que le Sénégal ratifie la Convention Médicrime, estimant que le trafic de faux médicaments constitue une menace nécessitant une réponse renforcée des pouvoirs publics.

Il a rappelé l’existence de la loi 2023-06 du 13 juin, qui prévoit, selon lui, des sanctions pénales et pécuniaires importantes pour lutter contre ces pratiques.

Les échanges portent également sur les mutations digitales et leur impact sur la profession pharmaceutique, notamment avec l’essor de l’intelligence artificielle.

Pour le président du SPPS, l’intelligence artificielle doit être considérée comme un outil d’accompagnement du pharmacien et non comme un instrument de décision.

“La décision revient au pharmacien de manière humaine”, a-t-il insisté, estimant que ces technologies doivent contribuer à améliorer la prise en charge des patients et l’exercice de la mission de santé publique.

Souveraineté pharmaceutique : les pharmaciens appellent à renforcer la production locale
Docteur Ndeye Maguette Ndiaye Ndome directrice de cabinet ministre de la Santé et de l’Hygiène publique.

La représentante du ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, le docteur Ndeye Maguette Ndiaye Ndome, directrice de cabinet dudit ministère, a assuré que son département poursuivra son accompagnement du secteur privé, notamment à travers l’Agence de régulation pharmaceutique (ARP).

Elle a rappelé que la souveraineté pharmaceutique occupe une place importante dans la stratégie nationale de transformation du système de santé, élaborée dans le cadre de l’Agenda de transformation Vision 2050.

Les cinquièmes Journées du médicament seront également clôturées par une randonnée rose à Pointe-Sarène, dans le cadre de la campagne ”Octobre rose”, avec des activités de sensibilisation sur le cancer du sein et une dotation en médicaments destinée aux populations.

DS/ASB/MTN