Souveraineté alimentaire : l’Agence de régulation des marchés mise sur son plan stratégique de développement
Souveraineté alimentaire : l’Agence de régulation des marchés mise sur son plan stratégique de développement

SENEGAL-ECONOMIE

Dakar, 3 avr (APS) – L’Agence de régulation des marchés (ARM) a présenté, vendredi, à Dakar, son plan stratégique de développement (PSD) 2026-2030, dont l’objectif est de contribuer activement à l’atteinte des objectifs du Sénégal en matière de souveraineté alimentaire.

Par ce plan élaboré avec l’aide de l’agence belge de coopération internationale, Enabel, l’ARM veut construire des chambres froides d’une capacité de 250 000 tonnes, ce qui va améliorer la conservation de nombreuses denrées alimentaires, dont la pomme de terre et l’oignon. L’Agence de régulation des marchés et le ministère de l’Industrie et du Commerce espèrent, par cette grande capacité de stockage et de conservation, progresser vers la souveraineté alimentaire.

‘’Ce plan stratégique porte une ambition forte : celle de bâtir un système de marchés agricoles plus résilient, plus compétitif et davantage au service du développement national’’, a assuré Moussa Ba, le président du conseil d’administration de l’ARM, lors de la présentation du PSD.

L’État du Sénégal veut, avec ce plan stratégique de développement, arriver à une véritable souveraineté alimentaire en assurant à la fois la protection des consommateurs et la valorisation de la production locale, selon M. Ba.

‘’Face aux changements climatiques, aux perturbations des approvisionnements et à la volatilité des prix, la régulation reste le levier clé pour […] assurer le bon fonctionnement des marchés’’, a dit Serigne Guèye Diop pour mettre en relief l’utilité du PSD de l’ARM.

Renforcer le système d’information des marchés 

‘’Nous avons déjà lancé la construction d’une dizaine de chambres froides, ce qui est une étape importante. Au-delà de la réduction des pertes [de récoltes et de marchandises], ces infrastructures vont favoriser la bonne régulation des prix’’, a assuré M. Diop.

Le Sénégal consomme chaque mois environ 3 000 tonnes d’oignon et 12 000 tonnes de pommes de terre, a-t-il indiqué, estimant qu’une grande capacité de stockage permettra de stabiliser les prix et de garantir aux producteurs horticoles et agricoles des revenus importants.

Selon Moussa Ba, l’ARM va, avec son PSD, moderniser les systèmes d’information, de suivi et de contrôle des marchés de produits agricoles et horticoles. Pour y arriver, l’Agence de régulation des marchés doit tirer pleinement profit des opportunités offertes par le numérique, améliorer en même temps la collecte, le traitement et la diffusion des données, a dit le président de son conseil d’administration.

D’après Moussa Ba, le partenariat noué avec Enabel va permettre de renforcer le système d’information des marchés de l’ARM, par la concertation avec les agriculteurs et les horticulteurs.

La collaboration de l’Agence de régulation des marchés avec l’organisme belge de coopération internationale a déjà permis une augmentation de la production de plusieurs produits agricoles, celle du maïs étant passée de 1 500 tonnes en 2024 à 5 000 en 2025, selon un document de l’ARM.

‘’Produire davantage ne suffit pas’’

Lors de la présentation du PSD, une cinquantaine de tablettes ont été remises par Enabel à des agriculteurs, dans le but d’améliorer les systèmes d’information des marchés.

‘’Cet exercice est important parce qu’il permet non seulement de définir une vision, mais de poser surtout les bases d’une action collective cohérente, lisible et efficace, dans les années à venir’’, a souligné Aïssatou Keïta, une représentante d’Enabel.

Elle signale que le PSD a été élaboré au moment où ‘’le Sénégal a engagé une dynamique forte de transformation économique, avec une ambition claire’’, celle de ‘’mieux valoriser la production nationale et de renforcer la compétitivité des filières’’.

‘’Mais […] produire davantage ne suffit pas’’, a relevé Mme Keïta, ajoutant qu’‘’il est nécessaire que cette production trouve des débouchés organisés, transparents et équitables’’.

‘’Encore faut-il que les marchés fonctionnent efficacement, que l’information circule, que les relations commerciales soient mieux équilibrées’’, a-t-elle signalé. ‘’C’est précisément à ce niveau que le rôle de l’Agence de régulation des marchés devient stratégique.’’

TAB/ESF/MTN