SENEGAL-FINANCES-PERSPECTIVES
Dakar, 15 oct (APS) – Les Assemblées annuelles 2026 du Fonds monétaire international (FMI) et du Groupe de la Banque mondiale (BM) devraient permettre au Sénégal de sortir de l’incertitude financière, tout en préservant sa capacité à investir, a déclaré Désiré Assogbavi, conseiller en plaidoyer à Open Society Foundations.
“Pour le Sénégal, l’enjeu immédiat est de sortir de l’incertitude financière tout en préservant sa capacité à investir”, a déclaré M. Assogbavi, dans un entretien avec l’APS, depuis Bangkok, en Thaïlande, où il participe aux Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, du 12 au 18 octobre 2026, en compagnie de l’équipe d’Open Society Foundations chargée de la justice économique et du financement du développement.
Il a rappelé que le Sénégal et le FMI avaient conclu, en septembre dernier, un accord technique estimé à environ 1240 milliards de francs CFA et destiné à redresser les finances publiques et à relancer l’économie du pays.
“Mais un accord technique ne vaut ni approbation définitive ni décaissement : des mesures correctives et des assurances de financement restent nécessaires. Bangkok doit permettre de faire avancer ces conditions et les discussions avec les créanciers”, a-t-il souligné.
Selon le conseiller en plaidoyer à Open Society Foundations, le résultat de la participation sénégalaise à cette rencontre annuelle doit se mesurer à travers “la capacité retrouvée [du pays] de financer le développement et pas seulement au montant d’un prêt annoncé”.
Les Assemblées annuelles du FMI et de la BM réunissent ceux qui influencent les conditions auxquelles les pays membres de ces institutions financières empruntent, restructurent leurs dettes et financent leurs politiques publiques.
“Il faut utiliser cette occasion pour obtenir des avancées qui se traduisent dans les budgets nationaux et dans la vie des populations”, a expliqué Désiré Assogbavi.
Les priorités de l’Afrique, de façon générale, “doivent être claires”, a souligné le conseiller en plaidoyer à Open Society Foundations.
Il s’agit, selon M. Assogbavi, de financements “moins coûteux et de plus longue durée”, de négociations sur la dette “plus rapides” et d’une “meilleure prise en compte” des investissements nécessaires à la santé, à l’éducation et à la transformation économique.
“Nous devons également demander que les capitaux privés soutiennent les priorités nationales, avec des engagements vérifiables en matière d’emplois, de fiscalité et de retombées locales”, a-t-il déclaré.
Il suggère “un suivi dès maintenant” pour éviter que les attentes qui seront formulées à Bangkok “ne restent lettre morte”.
“Chaque engagement devrait avoir un responsable identifié, une échéance et un indicateur public. Pour le Sénégal, on devrait pouvoir suivre régulièrement l’avancement des négociations, l’évolution du service de la dette, les financements mobilisés et l’exécution des dépenses sociales”, a-t-il estimé.
D’après Désiré Assogbavi, la philanthropie “pourrait aider à maintenir cet effort” en soutenant une expertise indépendante et en donnant aux organisations citoyennes les moyens de suivre les décisions, tout en contribuant à un dialogue pouvant déboucher sur des changements de politique publique.
“Le succès de Bangkok se mesurera dans les budgets, les accords et les services publics des mois suivants. Nous devons revenir de ces rencontres avec un calendrier de travail et des responsabilités précises”, a indiqué M. Assogbavi.
MFD/BK

