SENEGAL-AFRIQUE-THEATRE
Dakar, 12 juin (APS) – Le Théâtre national Daniel Sorano va abriter, samedi, à 20 heures, une représentation de la pièce “Les enfants de l’hippopotame”, inspirée de la légende de l’empire mandingue et de son mythe fondateur Mali Sadio dont les valeurs universelles lient l’humain à la nature.
Cette co-création réunit trois compagnies venant de trois pays, à savoir le Théâtre national Daniel Sorano (Sénégal), le “Circus baobab” (Guinée) et “T’es rien sans la terre” (France).
La pièce résultant d’une idée originale de Ousmane Faye, directeur adjoint de la production à Sorano, veut déclencher “un électrochoc pour l’humanité entière, pour dire stop, attention, nous sommes en train d’agresser la nature, l’environnement”, a dit Saïkou Lô, le directeur de la production de Sorano.
“C’est un sujet qui doit intéresser tout le monde, car il parle à tous”, a-t-il ajouté.
Pour la metteure en scène et chorégraphe française Aurélie Dauphin, il s’agit de parler des valeurs perdues de l’être humain avec la terre, dans un contexte où l’humain a du mal à se connecter.
“Ces valeurs sont vraiment d’actualité aujourd’hui. Nous parlons dans la pièce des obstacles que l’Afrique, voire l’empire mandingue, a traversé et que l’on continue de traverser. La légende des enfants de l’hippopotame a de vraies valeurs que le monde doit se réapproprier”, commente-t-il après quelques tableaux de la pièce exécutés devant des journalistes.
Cette fresque narrative alliant danse, théâtre, musique et chant, acrobatie et cirque, met en scène des artistes pluridisciplinaires sénégalais, guinéens et français.
Le choix de la danse “ancestrale” pour conter cette légende est une manière de s’exprimer “par le corps”, selon Mme Dauphin, évoquant “un mélange de toutes les formes artistiques dans le but d’exprimer le cœur”.
Le spectacle interroge l’harmonie originelle entre les hommes et la nature, la force et l’unité de l’empire, la rupture provoquée par l’arrivée du colonisateur, l’épreuve de l’esclavage, puis la mémoire et l’appel des origines, souligne-t-on dans un dossier consacré à cette pièce.
“De l’équilibre rompu à la mémoire retrouvée, le récit se déroule en plusieurs tableaux, montrant la puissance de l’empire mandingue et sa décrépitude à l’arrivée du colon, notamment en évoquant l’exil, la déforestation, l’esclavage, etc.”
Pour le directeur général adjoint des industries culturelles et créatives de Guinée, Macka Traoré, cette pièce co-construite permet de mettre en œuvre les accords de coopération entre le Sénégal et la Guinée.
“C’est une volonté des deux Etats de travailler ensemble […] Le projet nous parle, parce que quand tu entends Mali Sadio et que tu es du mandé, tu adhères tout suite”, dit-il.
La pièce est soutenue par le Fonds d’aide à l’action culturelle de Guinée, précise son compatriote, Noël Lamah, pour qui ce soutien va permettre à l’œuvre de circuler.
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