Sésame : producteurs et chercheurs sollicitent l’appui de l’État en équipements
Sésame : producteurs et chercheurs sollicitent l’appui de l’État en équipements

SENEGAL-AGRICULTURE

Mbour, 2 oct (APS) – Les acteurs de la filière sésame ont sollicité de l’Etat, vendredi, un accompagnement plus important, notamment en matériel de récolte et post-récolte, en faisant valoir que cette variété est devenue incontournable.

Ils ont fait ce plaidoyer du lancement officiel, à Mbour (ouest), du projet “Renforcement de la chaîne de valeur du sésame au Sénégal grâce à la transformation en milieu rural, à l’innovation et au développement inclusif des marchés” (VACS 2026-2027). 

Selon la coordinatrice du projet, Marème Niang, ingénieure agronome et chercheuse à l’Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA), le sésame est devenu “une culture incontournable” au Sénégal.

Cultivé dans de nombreuses zones, selon elle, le sésame n’est plus une culture marginale mais “une culture d’opportunité”, très nutritive et résiliente au climat.

Le projet prévoit d’abord un diagnostic auprès des acteurs, afin d’identifier les points sur lesquels l’expertise scientifique peut améliorer la transformation.

Mme Niang a notamment cité les problèmes d’équipements, soulignant que faute d’équipements adaptés pour la récolte et les opérations post-récolte, le sésame sénégalais contient beaucoup d’impuretés, surtout du sable, difficiles à éliminer, ce qui limite la qualité de la transformation.

Interrogée sur un appui de l’État, elle a lancé un “cri du cœur”, estimant que la transformation passe d’abord par le renforcement des producteurs en équipements.

Le président de la Fédération nationale des producteurs de sésame du Sénégal, Cheikh Oumar Sy, a salué le rôle de la recherche, soulignant la contribution de l’ISRA et du Centre d’étude régional pour l’amélioration de l’adaptation à la sécheresse (CERAAS).

Selon lui, quinze variétés introduites par le CERAAS ont été testées, dont douze ont été homologuées au Sénégal. Ces variétés ont permis de réduire les pertes, notamment l’éclatement des capsules.

Pour M. Sy, la prise en compte de la filière par l’État est une condition de la souveraineté alimentaire, le sésame contribuant à lutter contre l’insécurité alimentaire et la pauvreté.

Il a demandé à l’État de fournir aux producteurs moyens et outils pour garantir une bonne production, préalable à toute transformation, ainsi que des formations et des visites d’échange.

 Il a aussi plaidé pour le renforcement des services techniques comme l’ISRA.

Le président de la Fédération a enfin appelé à des actions de sensibilisation, avec réunions, rencontres et journées portes ouvertes, pour que les populations s’approprient davantage le sésame.

DS/BK