SENEGAL-SOCIETE
Dakar, 13 avril (APS) – Le directeur général de l’administration territoriale, William Manel, a insisté, lundi à Dakar, sur la nécessité de renforcer les capacités des sous-préfets pour faire face aux défis sécuritaires et de gouvernance dans les régions frontalières.
“Les régions ciblées (Kédougou, Tambacounda et Kolda) sont à la fois des espaces d’opportunité et d’intégration, mais également des zones exposées à des dynamiques sécuritaires complexes”, a-t-il déclaré.
Il s’exprimait à l’ouverture d’une session de formation dédiée à la gouvernance territoriale et à la gestion sécuritaire en zones frontalières (Kédougou, Kolda et Tambacounda), à l’initiative de l’ONG Coginta, spécialisée dans la gouvernance judiciaire et sécuritaire, la prévention des conflits et la cohésion sociale, en partenariat avec la direction de l’administration territoriale.
Selon M. Manel, les régions de Kédougou, Tambacounda et Kolda, marquées par des menaces de plus en plus complexes et imbriquées, occupent une position stratégique dans le dispositif territorial de l’Etat.
“Les représentants de l’État, notamment les sous-préfets, jouent un rôle central dans la prévention des crises, la coordination des acteurs et le maintien de la cohésion sociale dans ces territoires sensibles”, a-t-il rappelé.
Le directeur exécutif de Coginta, Sébastien Gouroud, a relevé que les zones frontalières ouest-africaines, notamment l’espace Sénégal–Mali–Guinée, sont devenues des zones stratégiques à forts enjeux sécuritaires et économiques, mais également des espaces de fragilité.
“Les dynamiques sont interconnectées et dépassent les cadres nationaux. Ce qui impose une réponse coordonnée et ancrée dans les territoires”, a-t-il déclaré, estimant que la réponse ne peut être uniquement sécuritaire, mais doit intégrer la gouvernance locale, le développement et la confiance entre les populations et les institutions.
“Cette formation vise à renforcer les capacités d’analyse, d’anticipation et de gestion des sous-préfets, tout en consolidant leur rôle dans les mécanismes de coordination territoriale”, a expliqué le directeur exécutif de Coginta.
Dans cette perspective, cette formation traduit, selon lui, une évolution dans l’approche de la sécurité, désormais fondée sur la “coproduction”, impliquant les autorités administratives, les forces de défense et de sécurité, ainsi que les communautés locales.

Selon un document mis à la disposition de la presse, les modules portent sur diverses thématiques se rapportant à la gouvernance territoriale de la sécurité, la coordination opérationnelle, la gestion et la communication de crise.
La prévention de l’extrémisme violent, la criminalité transnationale organisée, ainsi que les enjeux liés à la sécurité climatique et à la gestion des ressources naturelles sont aussi des thèmes au menu de cette formation.
Les modules dispensés lors de cette session de formation seront intégrés dans le curriculum de l’École nationale d’administration, indique le même document.
Trente sous-préfets des régions de Kédougou, Kolda et Tambacounda participent à cette formation qui se poursuit jusqu’au 16 avril prochain, dans le cadre du projet “RéZo Stabilité et Cohésion”, financé par l’Union européenne et mis en œuvre par l’ONG Coginta, en partenariat avec la Commission nationale de gestion des frontières (CNGF), la Direction générale de l’administration territoriale (DGAT) et l’Ecole national d’administration (ENA).
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