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Dakar, 12 mars (APS) – Le professeur Younoussa Keita, chef de l’Unité néphrologie pédiatrique de l’hôpital Abass Ndao, à Dakar, plaide pour un accompagnement multiforme en faveur des personnes souffrant de maladies rénales par les pouvoirs publics, compte tenu du coût élevé de leur prise en charge nécessitant des soins adaptés et un soutien renforcé.
“La prise en charge des maladies rénales nécessite également un accompagnement médico-social et psychologique adapté, avec un soutien renforcé de l’État afin d’améliorer la qualité de vie des patients et de leurs familles”, a-t-il notamment déclaré.
Dans un entretien accordé à l’APS, dans le cadre de la commémoration de la Journée mondiale du rein, ce jeudi, le néphrologue a souligné “le fardeau financier important” que constitue cette maladie, en raison du coût élevé des médicaments immunosuppresseurs et des soins continus nécessaires pour assurer une prise en charge optimale des patients.
La Journée mondiale du rein porte cette année sur le thème “La santé rénale : prendre soin de tous, tout en protégeant la planète”.
En direction de personnes souffrant de maladie rénale, le professeur Younoussa Keita rappelle qu’il est “essentiel qu’ils adhèrent rigoureusement à leur traitement et respectent les recommandations médicales”.
“Ils doivent notamment éviter l’automédication ainsi que le recours non contrôlé à la phytothérapie, qui peuvent aggraver l’atteinte rénale”, a-t-il averti.
Il a tenu à souligner qu’une personne bien portante peut vivre avec un seul rein “sans altération significative de sa qualité de vie”, alors qu’elle a fait don de l’autre à un parent ou quelqu’un atteint d’insuffisance rénale terminale nécessitant une transplantation.
“Ce geste de solidarité, a fait remarquer le praticien, peut permettre au patient de retrouver une meilleure qualité de vie et d’allonger son espérance de vie”.
“Une guérison totale est possible”
Il a, par ailleurs, insisté sur la sensibilisation des personnes en bonne santé aux facteurs de risque des maladies rénales afin de mieux les prévenir et de les éviter.
Le spécialiste a également précisé qu’en règle générale, les affections rénales aiguës peuvent connaître une guérison complète, à condition que le diagnostic soit posé dans les délais appropriés et que la prise en charge thérapeutique soit adéquate.
“Lorsqu’une assistance à l’épuration sanguine s’avère nécessaire, il est possible de recourir soit à la dialyse péritonéale, soit à l’hémodialyse, selon l’état clinique du patient et les recommandations médicales”, a-t-il affirmé.
Le néphrologue et pédiatre a en outre précisé que “certains enfants qui ne pourront pas retrouver l’intégralité de leur fonction rénale seront considérés comme atteints d’une maladie rénale chronique et suivis conformément aux protocoles établis pour ce type de pathologie”.
Plus grave, l’atteinte rénale peut entraîner des complications touchant notamment les poumons, le sang, le cœur ou encore le cerveau, a-t-il ajouté.
De même, le rein peut également être affecté dans le cadre de maladies générales chroniques telles que la drépanocytose ou le diabète qui peuvent altérer progressivement sa fonction.
Selon l’universitaire, certaines malformations rénales congénitales ne peuvent être traitées par la chirurgie. Ce qui provoque une défaillance progressive des organes, nécessitant une prise en charge médicale spécialisée et prolongée en cas d’évolution à long terme de la maladie.
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