Sacre des Lions : retour sur une journée longue et chargée à Guédiawaye
Sacre des Lions : retour sur une journée longue et chargée à Guédiawaye

SENEGAL-CAN-FOOTBALL-AMBIANCE

Dakar, 19 jan (APS)- A Guédiawaye, l’ambiance, le décor et le sentiment avaient tout d’un jour de gloire pour les Lions face au Maroc, pour la finale de la Coupe d’Afrique des nations de football remportée de hautes luttes par le Sénégal.

Dakar était partagée entre confiance et méfiance. Dans certains quartiers de Guédiawaye, dans la banlieue, le froid presque glacial est noyé par l’ambiance chaude d’espoir pour ce Sénégal-Maroc. Au rythme de musique et de klaxons.

Le vent matinal qui soufflait semblait dégager tout doute, toute peur. Il y avait aussi comme une faim de coupe que s’étaient imposés des supporters stressés par une finale de CAN pourtant incertaine.

A Golf Sud, un quartier de Guédiawaye, c’était un jour de gloire pour les inconditionnels des Lions qui, très tôt, ont jubilé avant l’heure.

Les rues et ruelles de la capitale sont aux couleurs nationales. Drapeaux noués sur des poteaux  électriques, des murs fraîchement repeints aux mêmes couleurs, comme des places publiques et routes. Le vert-jaune-rouge s’est  imposé partout.

A 14 h, les appels des muezzins ne résistent plus aux flûtes et vuvuzelas… à presque 200 décibels de ces innocents dopés par une confiance débordante.

Des enfants faisaient le tour des maisons, sébiles entre les mains, pour une quête destinée à acheter des pots de peinture pour le décor.

A mesure qu’approche l’heure fatidique, le coup d’envoi, la fièvre monte, le bruit cède la place à un silence de deuil, parfois contrasté par quelques vuvuzelas sporadiques dictés par des occasions des Lions.

Les visages crispés de la Fan-zone de la Cité Fadia s’éternisent avec le pénalty accordé au Maroc dans les arrêts de jeu, avec une bronca contre la décision de l’arbitre congolais. Le raté de Brahim Diaz sonne comme une résurrection pour des Lions et des supporters fous de rage et d’une envie d’en finir avec Hakimi et ses coéquipiers.

Ce pénalty manqué a été fêté comme une victoire avant le coup de sifflet final.

Le but de Pape Guèye était accueilli comme une certitude que plus jamais n’arrivera au Sénégal. Jusqu’au dernier sifflet. Comme jusqu’au dernier souffle !

Le Sénégal est champion d’Afrique pour la deuxième fois. La Fan-zone de la Cité Fadia, dans le département de Guédiawaye, a vibré d’un carnaval longeant le tracé du BRT, aux cris de joie interminables.

C’est cette foule imprévisible que craignaient d’ailleurs Dakar Mobilité, le concessionnaire du BRT, qui a suspendu le trafic dès 19h pour éviter d’éventuels dérapages.

Entre la station BRT de Golf Sud et l’hôpital Dalal Jamm, ça klaxonne à pleins tubes. Les supporters, qui étaient gagnés par le stress et la  pression, se libèrent, poussant des cris stridents.

Sur le terrain virtuel aussi, le vert-jaune-rouge domine : portraits de joueurs, applications IA, messages d’encouragement, inondent les réseaux sociaux. Balcons et terrasses bondés offrent le décor et l’ambiance des premiers coups d’un Nouvel An. Les pétards aidant.

Ceux qui s’étaient imposés un jeun pour ce match peuvent aller rompre avec cette date : 18 janvier 2026. Comme un 6 février 2022, date du premier sacre de Sadio Mané et ses co-équipiers en terre camerounaise.

HK/MTN