Renégociation des contrats : la Chambre des mines du Sénégal prône le ‘’dialogue constructif’’ et les ‘’solutions concertées’’
Renégociation des contrats : la Chambre des mines du Sénégal prône le ‘’dialogue constructif’’ et les ‘’solutions concertées’’

SENEGAL-ECONOMIE

Dakar, 13 mars (APS) – La Chambre des mines du Sénégal (CMDS) déclare, dans un communiqué parvenu vendredi à l’APS, privilégier le ‘’dialogue constructif’’, la concertation entre les acteurs publics et privés, ainsi que le recours à des ‘’solutions concertées’’ en vue de la sécurisation des investissements et de la sauvegarde des emplois du secteur minier.

La CMDS a exprimé cette prise de position au lendemain de la publication des premiers résultats de la renégociation menée par le gouvernement sénégalais pour équilibrer certains contrats et conventions jugés défavorables pour l’État.

Le communiqué ‘’souligne l’importance d’un dialogue constructif et d’une concertation étroite entre les acteurs publics et privés’’.

Il ajoute que ‘’la CMDS appelle ainsi à la mise en place de solutions concertées, qui puissent permettre de sécuriser les investissements, de préserver l’activité industrielle et de sauvegarder les emplois dans l’intérêt du développement durable du secteur extractif et de l’économie sénégalaise’’.

Cette organisation réunissant des ‘’acteurs majeurs’’ du secteur extractif national dit suivre ‘’également avec attention les difficultés auxquelles sont […] confrontées plusieurs entreprises industrielles stratégiques, notamment les cimenteries et les Industries chimiques du Sénégal’’, les ICS.

‘’Ces […] sociétés demeurent des acteurs importants pour le développement industriel du pays. Elles ont besoin, par conséquent, d’un accompagnement de l’État du Sénégal, surtout dans un contexte géopolitique international tendu, marqué par des risques importants de perturbation des chaînes d’approvisionnement’’, argue la CMDS.

Encourager l’implantation de grands projets industriels

Quatre cimenteries exerçant des activités au Sénégal soutiennent dans un communiqué agir avec ‘’un esprit de transparence et de partenariat avec l’État’’.

‘’Les industries cimentières opérant au Sénégal ont toujours agi dans un esprit de transparence et de partenariat avec l’État, en signant des conventions conformes aux orientations nationales et destinées à encourager l’investissement industriel’’, arguent Sococim Industries, Les Cimenteries du Sahel, Dangote Cement Sénégal et les Ciments de l’Afrique Sénégal.

‘’Il convient […] de rappeler que les chiffres évoqués dans le débat public comme représentant un éventuel manque à gagner pour l’État sont liés aux mécanismes incitatifs accordés par l’État lui-même dans le cadre de conventions destinées à encourager l’implantation de grands projets industriels’’, font valoir les quatre cimenteries à la suite des informations publiées jeudi par le gouvernement, concernant la renégociation de certains contrats et conventions jugés défavorables pour l’État.

Elles affirment que ‘’ces dispositifs constituent des instruments classiques de politique économique visant à attirer les capitaux, à accélérer l’industrialisation et à créer des emplois durables’’.

En outre, ‘’les conventions minières qui comportent des clauses de stabilisation ont été signées à chaque fois en fonction du Code minier applicable au moment de l’installation et des investissements des cimenteries. Dans ce cadre, [toutes les] cimenteries du Sénégal [ont] récemment fait l’objet d’audits de leurs contrats’’, lit-on dans le communiqué.

Sococim Industries, Les Cimenteries du Sahel, Dangote Cement Sénégal et les Ciments de l’Afrique Sénégal soutiennent avoir ‘’pleinement coopéré à ces processus en fournissant toutes les informations nécessaires dans un esprit de transparence et de partenariat’’.

‘’À ce jour, ajoutent-elles, les rapports finaux issus de ces audits n’ont pas encore été officiellement restitués ni validés. Les cimenteries considèrent qu’il est essentiel que les conclusions soient présentées dans un cadre officiel, clair et transparent, afin de garantir une appréciation objective et constructive des engagements pris par toutes les parties.’’

Un esprit de responsabilité, de transparence et de coopération avec l’État 

‘’Les industries cimentières réaffirment leur confiance dans les institutions du Sénégal et leur entière disponibilité à poursuivre un dialogue constructif avec les autorités compétentes’’, est-il écrit dans le communiqué.

Les cimenteries disent aussi travailler comme ‘’des créateurs d’emplois et des partenaires engagés du développement national, dans un esprit de responsabilité, de transparence et de coopération avec l’État et [les] Sénégalais’’.

‘’C’est dans cet esprit qu’elles réaffirment leur disponibilité et leur ouverture au dialogue avec les autorités […] et l’opinion publique’’, ajoute le communiqué.

Les quatre cimenteries signalent, par ailleurs, que ‘’le secteur du bâtiment et des travaux publics connaît un ralentissement significatif qui affecte l’ensemble de la chaîne de valeur de la construction, dont [elles] constituent un maillon essentiel’’.

Renégociation des contrats : la Chambre des mines du Sénégal prône le ‘’dialogue constructif’’ et les ‘’solutions concertées’’

Selon le Premier ministre, la renégociation des contrats est un “un exercice de transparence”.

‘’Pourtant, la situation demeure tendue, alors que plusieurs pays de la région enregistrent aujourd’hui des niveaux de croissance significatifs dans leurs secteurs industriels et de construction’’, relèvent-elles.

Un comité constitué au sein de la Primature pour examiner et renégocier plusieurs contrats et conventions signés par le Sénégal a relevé des manquements à l’origine “d’importants préjudices financiers” causés à l’État, a déclaré le Premier ministre, Ousmane Sonko, jeudi, à Dakar.

Lors d’un point de presse qu’il tenait en présence de plusieurs membres du gouvernement, M. Sonko a présenté la renégociation des contrats comme “un exercice de transparence”.

“D’importants préjudices financiers” causés à l’État

Concernant le secteur minier par exemple, le comité placé sous la tutelle du Premier ministre a évalué à 1 075 milliards de francs CFA le préjudice subi par le Sénégal à cause de contrats jugés inéquitables, selon Ousmane Sonko.

D’après lui, les membres du comité ont constaté l’octroi d’‘’avantages fiscaux et douaniers jugés indus’’.

Concernant les Industries chimiques du Sénégal, le Premier ministre a annoncé une ‘’reprise des actifs’’ du Sénégal. Par cette mesure, a-t-il dit, le Sénégal va utiliser les engrais produits par les ICS pour satisfaire ses propres besoins et en vendre dans des pays voisins.

ESF/MTN