Professeur Chérif Salif Sy : ‘’La souveraineté n’est pas un slogan, mais une architecture à la fois monétaire, industrielle…’’
Professeur Chérif Salif Sy : ‘’La souveraineté n’est pas un slogan, mais une architecture à la fois monétaire, industrielle…’’

SENEGAL-POLITIQUE-ECONOMIE

Dakar, 2 mai (APS) – La souveraineté n’est pas un slogan, a soutenu l’économiste Chérif Salif Sy, samedi, à Dakar, précisant qu’elle est une architecture à la fois monétaire, budgétaire, industrielle et technologique.

‘’La souveraineté n’est pas un slogan. Elle est une architecture monétaire, budgétaire, industrielle et technologique’’, dit M. Sy devant un public réuni afin de lui rendre hommage pour la pertinence de sa pensée, son engagement et son ‘’héritage’’ intellectuel et scientifique.

‘’La souveraineté […] commence dans la discipline de ceux qui acceptent de décider et d’assumer les conséquences de leurs décisions’’, enseigne Chérif Salif Sy, également consultant international.

Il soutient par ailleurs que ‘’le développement n’est ni un miracle, ni une faveur, ni un accident de l’histoire’’, mais ‘’une volonté organisée dans la durée, transmise de génération en génération, portée par des institutions qui résistent au temps et aux tempêtes’’.

‘’Souveraineté assumée, puissance construite et dignité recouvrée’’

‘’Keynes nous a appris que le marché ne corrige pas tout. Minsky nous [enseigne] que la stabilité peut être trompeuse. Prebisch nous a montré que l’insertion périphérique peut reproduire la dépendance’’, affirme M. Sy, laissant entendre que ni les orientations économiques ou idéologiques, ni la stabilité des États ne produisent forcément les résultats attendus.

D’après lui, les leçons de ces économistes sont ‘’limpides’’, dans la mesure où ‘’la souveraineté exige maîtrise, cohérence et stratégie’’.

‘’Elle ne se décrète pas. Elle se construit patiemment, méthodiquement et institutionnellement’’, insiste-t-il, concernant la souveraineté.

Chérif Salif Sy est d’avis que l’Afrique doit devenir ‘’un espace de transformation’’. ‘’Nous vivons une recomposition mondiale. Transition énergétique. Mutation technologique. Fragmentation géopolitique’’, fait-il observer.

 

‘’Dans ce monde instable, la naïveté se paie cher’’, prévient M. Sy, ajoutant : ‘’L’Afrique ne peut plus être un espace d’extraction. Elle doit devenir un espace de transformation.’’

Il dit préférer, pour l’Afrique, la rigueur à l’illusion, la stratégie à l’improvisation, la construction patiente à l’attente passive.

Si le continent se résout à ces options, assure Chérif Salif Sy, il ‘’ne sollicitera plus sa place dans l’ordre international’’. Mieux, l’Afrique ‘’contribuera à en définir les règles et à en fixer les équilibres’’.

Si ce vœu se réalise, ‘’nous ne parlerons plus de retard accumulé. Nous ne parlerons plus de dépendance subie. Nous parlerons de souveraineté assumée, de puissance construite, de dignité recouvrée’’, soutient M. Sy.

‘’La croissance n’est pas le véritable enjeu’’

‘’L’histoire ne se subit pas. Elle se construit, pierre par pierre, décision après décision, génération après génération’’, conseille-t-il.

En ce qui concerne le développement, ‘’la croissance n’est pas le véritable enjeu. C’est la maîtrise. Maîtrise des ressources. Maîtrise des chaînes de valeur. Maîtrise des décisions qui engagent l’avenir de nos peuples’’, ajoute M. Sy.

Le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Guirassy, les anciens ministres Cheikh Tidiane Gadio, Thierno Lô et Ousmane Ngom, des artistes et des membres de sa famille ont pris part à l’hommage qui lui a été rendu à l’initiative de Pape Sadio Thiam, spécialiste de la communication et conseiller spécial du président de la République, Bassirou Diomaye Faye.

ESF/TAB/ASB