Produits carnés : le Sénégal veut en finir avec sa dépendance aux importations, selon un fonctionnaire
Produits carnés : le Sénégal veut en finir avec sa dépendance aux importations, selon un fonctionnaire

SENEGAL-ELEVAGE

Dakar, 1er sept (APS) – Le Sénégal ambitionne de rompre définitivement sa dépendance aux importations de produits carnés, après avoir injecté 21 milliards de francs CFA dans l’importation d’abats entre 2025 et 2026, a annoncé le docteur vétérinaire Ousmane Ndiaye, en service au ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage.

“L’importation des abats a coûté environ 21 milliards de francs CFA sur la période 2025-2026, représentant un manque à gagner considérable en devises qui sortent du pays pour satisfaire la demande nationale”, a déploré docteur Ndiaye.

Il intervenait lors d’un atelier de formation des formateurs sur les techniques d’embouche, organisé en partenariat avec le Projet régional d’appui au pastoralisme (PRAPS2).

Selon lui, bien que le Sénégal dispose d’un cheptel national d’environ 4 millions de bovins contre 15 millions de petits ruminants, la production locale reste largement en deçà des besoins. Une situation à l’origine de la dépendance du pays vis-à-vis des importations, qui correspondent à 60 % des besoins du marché local.

Le spécialiste a pointé ”le coût élevé” de l’alimentation du bétail, qui représente un obstacle majeur à la compétitivité et à la rentabilité de la production locale, freinant ainsi les efforts de souveraineté alimentaire.

Pour inverser cette tendance et sécuriser l’accès des populations à la viande et au lait à des prix stables, le ministère de l’Élevage a mis en place plusieurs stratégies devant permettre de lever les contraintes notées.

”Les autorités misent en priorité sur le renforcement des capacités à travers la structuration des professionnels et des formations aux techniques modernes d’embouche”, a-t-il affirmé, notant que c’est précisément dans ce cadre qu’intervient un “grand projet” d’aménagement industriel.

Ce programme prévoit, selon lui, l’installation en chaîne de 1 000 fermes agricoles et pastorales afin de “maîtriser l’offre et réguler durablement le marché de la viande” sur l’ensemble du territoire national.

Selon le président de l’Association nationale de la filière viande et du bétail, Mamadou Fall Doudou, la transition vers l’autosuffisance est devenue “une urgence absolue pour les acteurs du secteur”.

M. Fall, par ailleurs premier vice-président de la Confédération de la filière viande et du bétail de l’Afrique de l’Ouest, a souligné que la crise d’approvisionnement du Sénégal est fortement accentuée par “la conjoncture sous régionale”.

Il a notamment indexé la flambée des prix au Mali, où le kilogramme de viande s’aligne désormais sur le tarif sénégalais à 5 000 francs CFA, sans compter la réorientation stratégique du bétail mauritanien vers l’Algérie et les marchés maghrébins.

CS/BK