Dakar, 9 avr (APS) – La langue russe “se porte plutôt bien au Sénégal” où elle est enseignée depuis 1966, affirme l’enseignant à la retraite et traducteur sénégalais Ngor Sarr, estimant toutefois qu’il reste beaucoup à faire pour la valorisation de cette langue au même titre que les autres langues étrangères non officielles enseignées au Sénégal.

Les étudiants sénégalais s’ouvrent davantage à l’apprentissage de la langue russe dans les universités en dépit de nombreuses insuffisances, relève-t-il dans un entretien accordé à l’APS.

Parallèlement, le gouvernement russe a augmenté le nombre de bourses accordées aux étudiants, notamment dans les disciplines scientifiques, signale le professeur Sarr, chef de la délégation sénégalaise à la dernière édition du Festival mondiale de la jeunesse à Sotchi, en Russie.

Rencontré par l’envoyée spéciale de l’APS lors de cet évènement, il s’est réjoui de la nette progression de l’enseignement du russe au Sénégal, à en juger par le nombre d’étudiants et d’élèves qui choisissent de l’apprendre.

Selon le traducteur, c’est en 1966 que le premier département d’étude et d’enseignement des langues slaves a été érigé à la faculté des lettres et sciences humaines de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Au départ, il était hébergé par le département de langue germanique.  “C’est en 2000, avec l’aide de l’ambassadeur de la Russie, que j’ai pu, avec mon défunt collègue Demba Gadiaga qui donnait des cours à la Faculté des lettres de l’UCAD, [faire en sorte] qu’un département autonome des langues slaves a pu voir le jour. Il s’en suivra le département de la pédagogie russe à la FASTEF, ex-Ecole normale supérieure de Dakar”, a encore fait valoir Ngor Sarr.

Au tout début, rappelle-t-il, l’enseignement de la langue russe au Sénégal était concentré dans certains lycées des grandes villes, comme Dakar, Saint-Louis et Kaolack. C’est plus tard qu’il s’est propagé dans les autres parties du pays, à travers la mise en place de l’Association des professeurs de russe du Sénégal (APRUS), dont Ngor Sarr fut le secrétaire général.

Retraité de l’Office du bac, Sarr a créé en 2015 le Bureau de facilitation aux études et affaires en Russie (BUFER SENEGAL) pour appuyer “les apprenants et professionnels de la langue russe”.

Outre ses activités de traduction auprès du ministère sénégalais des Affaires étrangères, il s’active au sein des APRUS et ADS dont il est membre, respectivement, en tant que facilitateur et chargé de la coopération.

Selon lui, c’est à partir de 1966 que l’ancienne Union soviétique a commencé à octroyer des bourses d’études à des élèves et étudiants sénégalais.

Ces bourses étaient essentiellement orientées vers des disciplines scientifiques telles que les métiers du pétrole et du gaz, l’informatique, les télécommunications mais aussi le droit international, la langue russe, l’économie, entre autres, explique-t-il.

Au nombre de 45 après la Covid-19, ces bourses d’études “sont vite passées à 75 puis à 100 dans la période 2023-2024”, informe-t-il, avant d’annoncer qu’un nombre plus conséquent de bourses est attendu d’ici novembre prochain.

Pour suivre un enseignement en russe dans une université ou institut de la Fédération de Russie, M. Sarr précise qu’il faut obligatoirement acquérir des compétences linguistiques pendant un an dans la spécialité choisie. L’étudiant est appelé à faire la “faculté préparatoire” qui n’est pas comptabilisé aux plans scolaire et académique.

Pour ce qui est de l’insertion professionnelle des diplômés de langue russe, l’enseignant à la retraite indique que dès lors que les étudiants obtiennent leurs diplômes, ils n’éprouvent aucune peine à intégrer le marché du travail.

KM/ASG/BK

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