”Pokou”, un monologue sur les enjeux de pouvoir présenté en avant-première à Dakar
”Pokou”, un monologue sur les enjeux de pouvoir présenté en avant-première à Dakar

SENEGAL-THEATRE

Dakar, 5 juin (APS) – La comédienne sénégalaise Diariétou Keita, établie en France, a présenté en avant-première, jeudi, à Dakar, un monologue inspiré de l’histoire de la reine Pokou, dans lequel elle propose une relecture des enjeux de pouvoir, entre devoir moral et obligation sociale.

Intitulée ”Pokou”, la pièce ayant servi de base à ce spectacle a été écrite par le metteur en scène congolais Dieudonné Niangouna.

Dans une atmosphère calme et une salle aux lumières tamisées, Diariétou Keïta, dans la peau de la reine Pokou, conte sur un ton triste l’histoire de cette figure mythique du royaume Baoulé, qui régnait sur une partie importante de l’actuelle Côte d’Ivoire.

Une histoire ”douloureuse” qui fait refroidir de l’intérieur, celle d’un ”sacrifice” consenti par une femme dont les obligations de princesse et de reine devaient primer sur ses devoirs de mère.

Dans ce monologue de 30 minutes, elle raconte avec amertume ce dilemne, devant un public figé et concentré sur la scène.

Elle parle de ce sens du devoir qui l’a poussée à ”sacrifier les fruits de ses entrailles, pour sauver son peuple”.

Fuyant la furie de son oncle engagé dans une folle quête du pouvoir, la reine Pokou se trouve freiné par le fleuve ”Akoumoué”, un obstacle qu’elle doit absolument franchir pour sauver ce qu’il reste de sa famille.

Sauf que le sacrifice de son fils est la seule condition exigée par les génies du fleuve pour permettre cette traversée.

”Les génies du fleuve, irrités, ne vont se calmer que lorsqu’on leur offrirait ce que nous avons de plus cher […]”, narre la comédienne sénégalaise, dans la peau de la reine Pokou.

Genoux à terre, entonnant un chant, la reine Pokou raconte comment elle a dû sacrifier son propre fils pour sauver son peuple.

”Maintenant, je suis froide, je suis la mort de mon fils et la vie de mon peuple […] et le fleuve devient calme à mes pieds, sous la tiédeur de la nuit tombante, nous traversons […]”, déclame-t-elle.

Dans un entretien avec l’APS, Diariétou Keita est revenue sur certaines des questions soulevées par ce texte et le sacrifice consenti par la reine Pokou, en lien avec des enjeux de pouvoir.

”C’est un texte dramatique. Pour moi, c’est d’abord une femme, une mère qui raconte son histoire, son vécu. Cette histoire est racontée, mais elle le vit en même temps, la célèbre en même temps”, a-t-elle ajouté, tout en évoquant ”le sentiment de culpabilité” qui rongeait la reine.

”Pokou” est un texte original du dramaturge et metteur en scène congolais Dieudonné Niangouna, datant de 2021.

Le texte s’inspire librement du célèbre mythe de la reine baoulé Abla Pokou, offrant une relecture contemporaine et poétique de cette grande figure historique africaine.

Il a été présenté à l’occasion de la 4è édition du Festival international Dakar théâtre et humour (FIDATH), axée sur le thème ”Femmes et gouvernance” et dont la région de Thiès est l’invitée d’honneur.

Le FIDATH 2026 prend fin ce vendredi au centre culturel régional Blaise Senghor de Dakar.

AMN/BK