Plus de 92 millions de cybermenaces recensées en Afrique de l’Ouest en 2025 (étude)
Plus de 92 millions de cybermenaces recensées en Afrique de l’Ouest en 2025 (étude)

SENEGAL-AFRIQUE-TECHNOLOGIES-SECURITE

Dakar, 27 jan (APS) – Une étude publiée mardi à Dakar par Kaspersky, une société internationale de cybersécurité et de protection de la vie privée, a confirmé l’existence d’une ‘’pression cyberdurable’’ en Afrique de l’Ouest, où 92 674 994 cybermenaces ont été recensées en 2025.

Kaspersky a publié des données relatives à l’année 2025 à l’occasion du ‘’KNext Dakar’’, une rencontre annuelle dédiée à la cybersécurité en Afrique.

Des experts du numérique, des décideurs publics et du secteur privé, des professionnels de la technologie et des médias ont pris part à cette rencontre, a constaté un journaliste de l’APS.

‘’Selon les données 2025 issues des technologies de détection de Kaspersky, qui sont consolidées et analysées par ses équipes de recherche en cybersécurité, 92 674 994 cybermenaces ont été recensées en Afrique de l’Ouest au cours de l’année. Ce volume issu de l’agrégation des menaces locales et web confirme l’existence d’une ‘pression cyberdurable’ dans la région’’, indique un document distribué par Kaspersky lors de la rencontre.

‘’Les enseignements tirés de l’analyse des menaces en Afrique de l’Ouest en 2025 montrent que la cybersécurité doit être pensée comme un pilier stratégique à part entière’’, a analysé Pascal Naudin, le responsable commercial chargé de l’Afrique du Nord, de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique du Centre à Kaspersky.

‘’Elle (la cybersécurité) conditionne la continuité des activités, la crédibilité des services numériques et la capacité des organisations à se développer durablement. Cela implique d’investir dans les compétences locales et de diffuser une véritable culture cyber[sécuritaire] auprès des décideurs’’, a-t-il dit.

Un levier stratégique de continuité, de gouvernance et de confiance pour les organisations 

Les données relatives à l’Afrique de l’Ouest concernent les pays suivants : Bénin, Burkina Faso, Cap-Vert, Côte d’Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Liberia, Mali, Mauritanie, Niger, Nigeria, Sénégal, Sierra Leone et Togo.

Le document signale que 41,21 % des utilisateurs en 2025 des technologies de l’information et de la communication en Afrique de l’Ouest ‘’ont été confrontés à des menaces locales, c’est-à-dire des attaques ciblant directement les ordinateurs, les serveurs ou les réseaux internes’’.

‘’Ce niveau élevé met en évidence la persistance de systèmes insuffisamment protégés et de vulnérabilités techniques exploitées par les cybercriminels’’, indique le document.

Il signale, par ailleurs, que ‘’19,5 % des utilisateurs ont été exposés à des menaces web liées notamment à la navigation en ligne, au téléchargement de fichiers ou à l’utilisation de services numériques compromis’’.

Plus de 92 millions de cybermenaces recensées en Afrique de l’Ouest en 2025 (étude)

Kaspersky note que ‘’ces chiffres illustrent l’élargissement de la surface d’attaque à mesure que les usages digitaux s’intensifient’’.

En volume, relève la société de cybersécurité, ‘’plus de 73 millions de menaces locales et 19,5 millions de menaces web ont été détectées sur l’année’’.

Elle ajoute que ‘’les analyses mettent également en évidence des modes opératoires récurrents, tels que l’exploitation d’accès distants non sécurisés (RDP), les attaques exploitant des failles techniques ou encore le vol d’identifiants’’.

Kaspersky explique que ‘’les logiciels espions, avec 279 054 détections, traduisent, quant à eux, des tentatives de surveillance et de collecte frauduleuse de données dans un environnement numérique de plus en plus interconnecté’’.

Elle tient à préciser que ‘’la cybersécurité ne relève plus uniquement de la protection technique des systèmes, mais constitue désormais un levier stratégique de continuité, de gouvernance et de confiance pour les organisations publiques et privées’’.

‘’Un espace de dialogue régional sur la cybersécurité’’

La société de cybersécurité note que ‘’la multiplication des attaques ciblant les accès distants, les identités numériques ou les données sensibles expose directement les organisations à des risques opérationnels, financiers et réputationnels’’.

Dans un contexte de digitalisation accélérée des services publics, des institutions financières et des entreprises, ‘’la capacité à anticiper et à gérer les cybermenaces devient un facteur déterminant de résilience et de crédibilité’’, ajoute-t-elle.

Le ‘’KNext Dakar’’ se veut ‘’un espace de dialogue régional sur la cybersécurité’’.

À l’occasion du ‘’KNext Dakar 2026’’, Kaspersky a souligné la nécessité de renforcer les dispositifs de sécurité afin d’améliorer la détection et la réponse aux attaques, de sécuriser les accès et les identités numériques, dans les environnements connectés notamment, de sensibiliser et de former les collaborateurs. Autant de mesures permettront de réduire les risques liés aux usages et aux comportements, selon la société de cybersécurité.

Kaspersky a fait part de son ‘’engagement à accompagner les organisations africaines dans la sécurisation de leur transformation numérique, en s’appuyant sur des technologies de pointe et des programmes de sensibilisation adaptés aux réalités locales’’.

OID/HK/ESF