SENEGAL-POLITIQUE
Dakar, 26 fév (APS) – Le système électoral sénégalais doit être réformé pour que soient levées les obstacles entravant une plus grande participation des jeunes, des femmes et des personnes handicapées au processus électoral, a plaidé, mercredi, le Collectif des organisations de la société civile pour les élections (COSCE)
Cette structure faîtière de la société civile a fait ce plaidoyer à l’ouverture d’un atelier de consultation et d’échanges, qui a vu la participation du GRADEC, Groupe de recherche et d’appui-conseil pour la démocratie participative et la bonne gouvernance et de l’ONG 3D.
Cette rencontre est mise en œuvre avec le soutien de financier de l’Union européenne, en vue ‘’d’échanger avec les jeunes, les femmes et les personnes handicapées sur les propositions de réformes souhaitées en vue de lever les obstacles qui constituent un frein à leur participation politique au processus électoral’’, a déclaré Babacar Fall, secrétaire général du GRADEC.
‘’Les réformes sont la sève nourricière d’une démocratie, car à l’aune de la pratique électorale, nous découvrons des choses qu’il faut corriger et d’autres qu’il faut améliorer’’, a-t-il souligné.
Pour Babacar Fall, il faut ‘’une réforme pertinente’’ des dispositions électorales pour améliorer davantage les textes juridiques. Il relève que c’est l’absence d’un cadre juridique ‘’clair et consensuel’’, qui génère souvent des conflits liés à la gestion du processus électoral en Afrique.
Le secrétaire général du GRADEC, Babacar Fall
A l’en croire, des recommandations seront formulées au sortir de cet atelier de 48 heures, lesquelles ‘’seront consignées dans un mémorandum en vue d’enrichir les prochaines concertations sur les réformes électorales annoncées par les nouvelles autorités’’.
De son côté, Djibril Gningue, coordonnateur du programme ‘’Saxal Jamm’’, dont l’objectif est de contribuer à la création des conditions favorables à la stabilité politique et à la cohésion sociale, dit avoir décelé plusieurs points de vulnérabilité dans le processus électoral sénégalais.
Ces points concernent le fichier électoral ‘’peu inclusif’’ faute de révision ordinaire pendant quatre ans, la déchéance électorale au regard des articles 28, 29 et 30 du Code électoral qui font qu’une condamnation pénale de deux mois ferme retire à l’assujetti ses droits civiques et politiques.
Le représentant de l’Union européenne, Christophe Casas
Il y a aussi le défaut d’interconnexion entre le Registre national des personnes physiques et la liste électorale qui fait que les non-inscrits sur le fichier électoral n’accomplissent pas leur devoir civique.
Le représentant de l’Union européenne, Christophe Casas, se dit ‘’optimiste quant à l’intégration des recommandations formulées au cours de cette rencontre dans les réformes prochaines du système électoral’’.
La révision ordinaire de l’année 2025 du fichier électoral, débutée le premier février dernier, se poursuit jusqu’au 31 juillet prochain.
KM/BK/ABB