SENEGAL-CULTURE
Dakar, 19 sept (APS) – Des cinéastes sénégalais ont sensibilisé, samedi, sur l’importance de la langue dans la distribution des œuvres cinématographiques, lors de la cinquième édition du master class de la structure de production ‘’Cinegal’’, organisée à Dakar.
Plusieurs professionnels du cinéma ont pris part à cette rencontre dont la deuxième partie est consacrée au thème ‘’Casting fiction, tout ce qu’on ne vous dit pas’’.
Selon les organisateurs, ce master class vise à favoriser les échanges entre jeunes cinéastes et professionnels de la production, de la réalisation et de la distribution, autour des différents formats audiovisuels, notamment les courts et longs métrages ainsi que les séries télévisées.
”L’impact de la langue dans la distribution est actuellement très important. Il faut encourager la production de films locaux dans nos langues nationales”, a déclaré le réalisateur et initiateur de la structure ”Cinegal”, Chérif Ace Faty.
Dans un entretien avec l’APS, il a invité les cinéastes sénégalais et africains à ”déconstruire l’idée selon laquelle il faut obligatoirement utiliser une langue étrangère dans les films”.
”On peut faire des films dans nos propres langues. Et si le film connaît du succès, beaucoup de gens viendront ensuite solliciter un sous-titrage ou un doublage”, a-t-il soutenu.
M. Faty a toutefois déploré l’absence d’un véritable marché local du doublage cinématographique, estimant nécessaire d’en développer un au Sénégal.

Pour sa part, le réalisateur et producteur sénégalais Alpha Sadou Gano a souligné que l’utilisation des langues nationales participe à l’authenticité de nos productions cinématographiques.
”L’utilisation de nos langues nationales dans nos productions cinématographiques ne devrait même pas faire débat. Qui parle de cinéma parle d’authenticité et de culture. La langue est un moyen par lequel nous véhiculons des émotions dans un film”, a-t-il fait valoir.
Il a invité les cinéastes à davantage recourir aux langues nationales, estimant que celles-ci n’ont jamais constitué un ”frein” à la distribution internationale des œuvres, citant en exemple ”l’envolée de Baaba Maal en pulaar dans la bande-annonce du film +Black Panther+, qui a émerveillé tout le monde”.
Selon Alpha Sadou Gano, il faut non seulement ”encourager les dialogues et la musique”, mais également ”matérialiser la culture sénégalaise à travers ses langues’’ dans les productions cinématographiques.
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