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Dakar, 27 août (APS) – L’antenne sénégalaise de la Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF Sénégal) milite pour la présence d’un plus grand nombre de femmes dans le secteur du transport public jugé “très masculin”.
Selon la présidente d’ITF Sénégal, Mariama Diallo, a déclaré qu’un travail est en train d’être fait pour l’élaboration d’un plaidoyer en faveur des femmes dans ce secteur.
Elle intervenait lors d’un atelier organisé mardi à Dakar dans le but d’aider les femmes sénégalaises dans le secteur du transport à renforcer leurs capacités en négociation syndicale et leurs compétences organisationnelles.
“Depuis longtemps, on est en train de travailler sur une politique d’élaboration d’un plaidoyer pour d’abord plus de femmes dans le secteur du transport qui est un secteur masculin”, a-t-elle dit.
L’objectif est d’arriver à ce que les femmes soient représentées à hauteur de 30% dans les effectifs du secteur du transport, a-t-elle indiqué.
“Si on ne peut pas avoir 50-50, au moins qu’on ait 30% comme le recommande la Banque mondiale ou bien notre centre international de coaching et CIC Afrique qui disent qu’au moins, il faut 30 voire 33% de femmes dans le secteur ou dans le milieu du travail”, a dit Mme Diallo, par ailleurs secrétaire générale de l’UDTS, l’Union démocratique des travailleurs(es) du Sénégal.

La présidente de d’ITF Sénégal souligne toutefois qu’il y a des entreprises qui respectent ce taux comme à Dakar Mobilité”, concessionnaire du BRT de Dakar.
Cette entreprise “a beaucoup fait” sur cette question, avec “plus de 30% de femmes, mais dans d’autres entreprises, il y a moins”.
Dans les bus de transport Tata par exemple, “il n’y a pas de femmes sauf les receveuses”, dans les “Ndiaga Ndiaye” aussi, “il n’y a pas de femme. Les ‘Taxi Sister’, il y en a plus”, constate Mme Diallo.
“Nous devons y travailler. Le syndicat, la population doit y travailler, avec l’aide des hommes aussi, parce que les femmes seulement ne peuvent pas travailler sur cela Le syndicat, la société civile, les féministes doivent nous aider à l’arracher. Nous devons, la main dans la main, arracher notre place”, lance-t-elle.
ITF Sénégal revendique aussi la féminisation des postes de décision dans ce secteur du transport public.
Selon sa présidente, “malheureusement, dans certaines entreprises, il y a beaucoup de femmes, mais elles ne sont pas dans les postes de décision, et dans d’autres, il n’y a pas de 30% de femmes, et […] pas de femmes qui sont dans les postes de décision”.
“Nous ne voulons pas seulement des femmes dans les entreprises, mais des femmes qui sont dans les postes de décision”, plaide-t-elle.

Mariama Diallo considère que la source de ce “blocage” est à chercher du côté des employeurs qui estiment que les femmes prennent “trop de congés de maternité”, ce qui constitue “un manque à gagner pour l’entreprise”.
Elle fait savoir qu’un plaidoyer sera fait auprès des autorités sénégalaises pour une plus grande présence des femmes dans le secteur du transport.
La Fédération internationale des ouvriers de transport Sénégal a aussi lancé un appel pour la ratification de la convention 190 de l’Organisation internationale du travail (OIT) sur la violence et le harcèlement dans le monde du travail que le Sénégal n’a pas encore ratifié.
Elle a lancé un appel au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et à son Premier ministre, Ousmane Sonko, ainsi qu’à l’ensemble du gouvernement, pour une ratification de la convention 190 de l’OIT.
La présidente par intérim du département des travailleuses du transport à ITF, la Britannique Claire Clarke, et la coordinatrice régionale des femmes archivistes de ITF Afrique, Assita Ouédraogo du Burkina Faso, ont pris part à cet atelier.

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