Pêche et tourisme : les autres mamelles pour la région de Thiès
Pêche et tourisme : les autres mamelles pour la région de Thiès

SENEGAL-INDEPENDANCE-ECONOMIE

Dakar, 2 avr (APS) – Le choix de la région de Thiès (ouest) pour abriter le défilé du 4 avril 2026 et le déploiement du Programme Indépendance, repose aussi sur son potentiel économique, se traduisant notamment par le poids du tourisme et de la pêche.

Thiès, avec sa double façade maritime (nord et sud) séparée par le littoral de la région de Dakar, contribue de manière considérable à la sécurité alimentaire au niveau national par les débarquements de produits halieutiques.

Avec une production artisanale estimée à près de 130 000 tonnes en 2025 pour une valeur de plus de 80 milliards de FCFA, la région de Thiès abrite d’importants centres de débarquement comme Mbour, Joal et Cayar.

Ce qui en fait la première place en matière de pêche artisanale, le département de Mbour fournissant 90 % des mises à terre de la région, soit 40% de la production nationale.

Ces performances découlent d’une activité de pêche quasi-permanente en raison d’importants atouts dont dispose la région.

Il y a d’abord ses 200 km de côtes, comprenant deux façades maritimes ouvertes sur l’océan : une façade nord, longue de 120 km environ, de Cayar à Diogo, caractérisée par deux saisons de pêche : à Cayar (janvier-juin) et la saison de Mboro et de Fass Boye (juin-août).

Une façade sud ensuite, communément appelée Petite-Côte, longue de 75 km (de Ndayane à Joal) où la pêche est pratiquée toute l’année.

La ministre des Pêches et de l’Economie maritime, Fatou Diouf, intervenant lors de l’inauguration du marché central au poisson de Thiès, a souligné à ce sujet la place “singulière et stratégique” de la région dans le secteur halieutique national, grâce à ses ressources et au dynamisme de ses acteurs.

La région de Thiès incarne, selon elle, “la vitalité, la résilience et le potentiel de croissance du secteur de la pêche, avec les volumes de débarquements issus de la Petite-Côte et de la Grande-Côte, qu’elle concentre, en sus d’une production annuelle estimée à plus de 130.000 tonnes, pour une valeur commerciale dépassant les 80 milliards de FCFA”.

Thiès n’est pas une simple zone de transit, mais un véritable poumon halieutique, un trait d’union naturelle entre la Grande-Côte et la Petite-Côte, entre production, transformation et consommation des produits de la mer.

Le tourisme, un lit économique pour la région

La région de Thiès, par sa position géographique stratégique et sa proximité avec la capitale, Dakar, regorge d’importantes ressources et potentialités touristiques.

Le tourisme constitue, selon l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), l’un des secteurs les plus importants de la région. Il contribue à l’économie régionale à travers toutes les activités connexes et constitue un secteur créateur d’emplois.

L’offre touristique dans la région est essentiellement balnéaire dans le département de Mbour (avec la station touristique de Saly Portudal, Pointe Sarène, les sites de Somone, Nianing, Joal, sans oublier Popenguine, sur le plan religieux).

La région de Thiès se caractérise aussi par un tourisme d’affaires (organisation de séminaires, réunions, etc.) et le département de Tivaouane se distinguant par le tourisme religieux avec les Gamous et Ziarras.

Au titre de l’année 2023, renseigne toujours l’ANSD, il a été enregistré 1342 réceptifs hôteliers sur l’ensemble du territoire national, dont l’essentiel se trouve dans les régions de Dakar (31,5%), Thiès (26,6%), Ziguinchor (13,3%), Fatick (7,5%) et Saint Louis (6,3%).

Les 357 réceptifs hôteliers de la région de Thiès sont répartis ainsi qu’il suit : 54,9% de résidences, 22,7% d’hôtels, 18,5% d’auberges et 3,9% de campements.

Ces performances sont en partie dues aux innombrables atouts dont dispose la région et qui ont pour noms : une longue façade maritime de 200 Km et un ensoleillement de 24 j/mois, en plus d’un un climat favorable.

Parmi les atouts, il y a également une richesse en valeurs culturelles et historiques, la proximité de l’aéroport international Blaise Diagne de Dakar, une grande possibilité de diversification des formules touristiques (balnéaire, découverte, chasse), des infrastructures hôtelières et touristiques de grande qualité.

Pour le ministre de la Culture et du Tourisme, Amadou Bâ, l’organisation de la fête du 4 avril à Thiès doit être perçue comme un vecteur de “marketing territorial”.

Selo lui, l’objectif est de transformer une cérémonie protocolaire en levier de développement, en utilisant la vitrine médiatique pour repositionner la région.

MT/HK/BK