SENEGAL-CULTURE
Dakar, 15 juin (APS) – Le ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, Alpha Thiam, a appelé, lundi à Dakar, les États africains à consolider leur coopération et à renforcer la qualité de leurs candidatures afin d’accroître la représentation du continent sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.
”L’Afrique est sous-représentée. La voix de l’Afrique a peut-être été très peu audible. Nous devons consolider nos positions, mieux finaliser nos dossiers et porter ensemble les objectifs que nous nous sommes fixés”, a-t-il déclaré à l’ouverture de la 9e Réunion préparatoire des États africains membres du Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO.
Cette rencontre, organisée du 15 au 19 juin à Dakar sous la présidence du Sénégal à la tête du Groupe africain 5A du Comité du patrimoine mondial, constitue une étape de préparation de la 48e session du Comité du patrimoine mondial prévue du 19 au 29 juillet prochain à Busan, en République de Corée.
Le ministre a salué le rôle du Fonds du patrimoine mondial et des bureaux régionaux de l’UNESCO dans le renforcement des capacités des experts africains et l’amélioration des dossiers de candidature soumis par les États du continent.
Selon lui, cet accompagnement technique, scientifique et institutionnel a permis de consolider la présence africaine au sein du système du patrimoine mondial et nourrit l’espoir d’une meilleure reconnaissance des richesses culturelles et naturelles de l’Afrique.
Alpha Thiam a également rendu hommage au Kenya et à la Zambie pour leur leadership à la tête du Groupe africain, estimant que leur action a contribué à renforcer la cohésion des États africains et à accroître l’influence du continent dans les processus décisionnels liés au patrimoine mondial.
Il a assuré que le Sénégal entend poursuivre cette dynamique sous la conduite de l’ambassadeur Pierre Faye, délégué permanent du Sénégal auprès de l’UNESCO et président du Groupe africain 5A.
Le ministre a, par ailleurs, salué les efforts du ministère de l’Environnement et de la Transition écologique dans la préservation des biens naturels inscrits au patrimoine mondial, soulignant le caractère complémentaire du patrimoine culturel et du patrimoine naturel.
”Cette collaboration étroite entre les secteurs de la culture et de l’environnement illustre parfaitement le caractère indissociable de ces deux composantes d’un même héritage que nous avons le devoir de préserver”, a-t-il affirmé.
Revenant sur les avancées enregistrées par l’Afrique au cours de la dernière décennie, Alpha Thiam a estimé qu’elles sont le résultat du travail collectif des experts, gestionnaires de sites, universitaires et institutions spécialisées du continent.
Cette mobilisation a permis, selon lui, d’améliorer la qualité des candidatures africaines, de renforcer la crédibilité des argumentaires scientifiques présentés devant les instances compétentes et de favoriser une meilleure prise en compte des réalités historiques, culturelles et environnementales africaines.
Le ministre a insisté sur la nécessité de préserver cet héritage pour les générations futures, en y voyant un enjeu de sauvegarde de l’identité culturelle africaine, de valorisation des récits historiques du continent et de protection de son authenticité.
”Nous avons reçu cet héritage en legs et nous devons faire les efforts nécessaires pour le transmettre aux générations futures”, a-t-il soutenu.
Se disant confiant dans les compétences des experts réunis à Dakar, Alpha Thiam a assuré que l’Afrique dispose des ressources nécessaires pour ”renverser la tendance” et obtenir l’inscription d’un plus grand nombre de ses sites exceptionnels sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.
AUT: MK/OID
