SENEGAL-SPORT-PHOTOGRAPHIE
Dakar, 9 jan (APS) – L’exposition photographique ”Gayndé Géej” (Les Lions de la mer en wolof) de l’artiste sénégalaise Naëtt Mbaye, accrochée sur les murs extérieurs de l’Institut français de Dakar, met en lumière, à travers douze clichés et un poème, la grâce, la dignité et la résilience d’une génération de surfeurs sénégalais.
Artiste pluridisciplinaire basée à Dakar, Naëtt Mbaye explore, à travers la photographie, la vidéo et l’installation, les thématiques de l’identité, du corps et du territoire.
Avec ”Gayndé Géej”, elle signe une œuvre qui conjugue esthétique documentaire et quête spirituelle, invitant à repenser la mer et le sport comme des espaces de dignité et de réappropriation.
Présentée en grand format, la série propose une lecture sensible de la relation entre le corps noir et l’océan Atlantique. Longtemps associée à des récits de ruptures, de migrations et de pertes, la mer devient, sous l’objectif de la photographe, un espace de dépassement, de partage et d’expression, où le surf s’affirme comme un langage du corps autant que de l’esprit.
Avec ”Gayndé Géej”, Naëtt Mbaye s’éloigne de la simple performance sportive pour s’attarder sur les instants de transition, notamment ceux de ”l’après-surf”. Des jeunes revenant de la plage, planche sous le bras, les yeux rougis par le sel, incarnent une énergie silencieuse qui, selon l’artiste, ”bouscule les stéréotypes et interroge les représentations réductrices du corps noir dans le sport”.
Le choix de la photographie analogique confère à l’ensemble une esthétique brute et intemporelle. Le grain de l’image et l’absence d’instantanéité participent à une recherche de vulnérabilité et de poésie, privilégiant l’énergie et l’intimité du sujet à la performance pure.
Le vernissage a été suivi d’une conversation publique réunissant le sociologue et enseignant-chercheur à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Djiby Diakhaté, la Sports Ecosystem Builder et fondatrice de la plateforme JÄB, Célia Cissé, ainsi que l’ancienne capitaine de l’équipe nationale féminine de volleyball, Fatou Diouck. Les échanges ont porté sur les liens entre corps, société, sport et transmission.
”Le corps est une porte d’entrée pour interroger l’être dans sa globalité”, a estimé Djiby Diakhaté, notant que l’œuvre invite à dépasser une vision mercantile du sport pour revenir à sa dimension de jeu et d’humanité. L’universitaire a également mis en exergue la réappropriation symbolique de la mer, perçue ici non plus comme un espace de perte, mais comme un lieu de puissance et de vie.
La directrice de l’Institut français de Dakar, Valérie Lesbros, a dit inscrire cette exposition dans la programmation du mois de janvier, placé sous le thème: ”Nouvel élan, nouvelle vague”. Elle a salué une œuvre en résonance avec les questions du corps, du mouvement et de la jeunesse, en perspective des Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026.
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