Matam : la SAED travaille au déploiement en nombre de moissonneuses-batteuses pour accélérer les récoltes
Matam : la SAED travaille au déploiement en nombre de moissonneuses-batteuses pour accélérer les récoltes

SENEGAL-AGRICULTURE-APPUI

 Matam, 10 août (APS) – La Société nationale d’aménagement et d’exploitation des terres du delta du fleuve Sénégal et des vallées du fleuve Sénégal et de la Falémé (SAED) travaille au déploiement en nombre d’équipements nécessaires à l’accélération des opérations de récolte dans les zones de production rizicoles de la vallée, particulièrement les moissonneuses-batteuses opérationnelles de la région de Matam (nord), a indiqué lundi à l’APS un de ses responsables.

”On est en train de mobiliser l’ensemble des prestataires de services mécanisés au niveau de Matam, surtout les gens qui ont les moissonneuses-batteuses, pour aller dans le delta ”, a notamment assuré le directeur adjoint de la Délégation de la SAED de Matam, Moussa Mbodji. 

Il s’exprimait lors d’une visite dans les périmètres rizicoles de Boynadji et de Ndouloumadji, deux villages de la commune de Nabadji Civol, où des moissonneuses-batteuses sont actuellement utilisées pour accélérer les opérations de récoltes. 

Il a insisté sur le fait que cette mobilisation faisait suite à une instruction de la direction générale de la SAED visant à permettre aux producteurs des zones où les besoins sont importants d’accéder rapidement aux équipements nécessaires.

Une moissonneuse-batteuse fera dans deux jours partie du deuxième lot d’équipements que la SAED va déployer dans la vallée, a fait valoir M. Mbodj à Boynadji en présence de producteurs et de de responsables d’union d’agriculteurs.

Réduire la durée des récoltes

D’une manière générale, il répète que la SAED travaille à la mobilisation des moyens logistiques nécessaires pour acheminer les équipements vers le delta et appuyer les producteurs dans leurs opérations de récoltes. 

À Boynadji, l’introduction de la mécanisation a permis de réduire considérablement la durée des récoltes. Le casier rizicole, qui couvre plus de 100 hectares, est ainsi pratiquement arrivé au terme de ses opérations, ont salué des producteurs. 

Matam : la SAED travaille au déploiement en nombre de moissonneuses-batteuses pour accélérer les récoltes

Mamoudou Ba, un des producteurs, s’est ainsi félicité de l’utilisation de la moissonneuse-batteuse, estimant qu’elle constitue une avancée importante pour les producteurs. 

”On faisait une semaine à 15 jours pour la récolte. On le fait désormais en 40 minutes, grâce à la moissonneuse-batteuse’’, a-t-il témoigné, évoquant également les gains économiques liés à la réduction du temps de travail. 

Pour la SAED, la mécanisation devrait contribuer à améliorer la productivité et à réduire les pertes enregistrées lors des récoltes manuelles, lesquelles peuvent atteindre 10 à 20 %, selon M. Mbodji. 

La réduction de la durée des récoltes permet également de limiter l’exposition des productions aux risques d’inondation dans certains périmètres de la vallée. Elle doit aussi faciliter la mise en place de la double culture en libérant plus rapidement les parcelles pour les prochaines campagnes. 

L’accompagnement de la SAED porte par ailleurs sur la transformation du riz. À Ndouloumadji, une mini-rizerie mise en place avec son appui permet de compléter la chaîne de valeur et de renforcer la valorisation du riz local. 

L’unité dispose d’une chaîne de transformation moderne permettant notamment le triage, le décorticage et la séparation du riz entier et du riz brisé. Les sous-produits, dont le son, sont également valorisés dans l’élevage. 

Le défi de la commercialisation

Le traitement du paddy est facturé à 15 francs CFA le kilogramme. Selon le producteur Abdoulaye Mountaga Sall, ce tarif sert principalement à couvrir les charges de fonctionnement de la mini-rizerie, notamment celles liées à l’électricité. 

L’unité compte actuellement quatre employés permanents, dont deux femmes et deux hommes. Ses responsables souhaitent toutefois bénéficier d’un appui pour sa solarisation, afin de réduire les charges énergétiques, améliorer les performances et accroître la capacité de transformation.  

Moussa Mbodji a rappelé que la SAED accompagne depuis plusieurs années les organisations de producteurs sur l’ensemble de la chaîne de valeur du riz, de la production à la transformation et à la commercialisation. 

Il a toutefois reconnu que la commercialisation demeure un défi pour les acteurs de la filière. Des difficultés récentes dans l’écoulement du riz blanc produit dans la vallée ont affecté certains producteurs et transformateurs. 

Toutefois, des solutions sont en cours pour faciliter la commercialisation du riz local et permettre aux acteurs de poursuivre la dynamique engagée, a-t-il indiqué. 

À travers la mobilisation des équipements de récolte et l’appui aux infrastructures de transformation, la SAED entend renforcer les différents maillons de la filière rizicole et améliorer les conditions de production et de valorisation du riz dans la vallée.

 OG/HB/AKS/ASB