SENEGAL-FOOTBALL-PROFIL
Dakar, 15 jan (APS) – La bonne entrée de Mamadou Sarr à la place de Kalidou Koulibaly lors de la demi-finale de Coupe d’Afrique des nations (CAN) ayant opposé mercredi le Sénégal à l’Égypte, suggère en perspective un passage de témoin réussi entre un taulier, qui plus est capitaine de son équipe, et une pépite de 20 ans appelée à devenir le patron de la défense dans un avenir plus ou moins proche.
Le jeune défenseur, visiblement plus que préparé à ce scénario, a valablement suppléé Kalidou Koulibaly, privé de finale après avoir pris un carton jaune dans cette rencontre contre l’Égypte, avant de céder sa place sur blessure.
Sarr, capitaine du RC Strasbourg, en Ligue 1 française, a rassuré par sa maturité et son calme dans le jeu, ses interventions et relances de qualité, tout ce qu’on peut attendre de la panoplie du défenseur moderne.
Mamadou Sarr a de qui tenir, avec un père, Pape Sarr, dont l’intelligence footballistique et le sérieux ont été d’un apport déterminant dans l’entrejeu des Lions dans les années 2000. “Je pense que ça vient de mon père”, a répondu le jeune défenseur sénégalais alors qu’on lui demandait comment se peut-il qu’il soit aussi calme et jouer de cette manière sans pression.
“Mon père, c’est quelqu’un de très sérieux, très très calme. De manière générale, dans la famille, tout le monde est calme”, a ajouté Mamadou Sarr, avant de se lancer dans une analyse de la prestation du Sénégal face aux Pharaons.
“La priorité aujourd’hui, c’était la concentration parce qu’on sait qu’ils ont de très bons attaquants, qu’ils contre-attaquent très vite”, disait-il dans une analyse qui rend compte de toute la maturité du jeune défenseur sénégalais prêté au Racing Club de Strasbourg par le club anglais, Chelsea.
Il a ajouté dans son analyse de la confrontation avec les Pharaons d’Égypte : “Quand on avait la possession, il fallait juste rester concentré pour ne pas leur laisser de brèches.”
Séduits par les qualités du jeune défenseur sénégalais, les Blues de Chelsea, parmi les cadors de la Premier League, considérée comme le plus grand championnat du monde en termes d’impact médiatique, ont fait le nécessaire pour l’enrôler avant de le prêter dans la foulée au RC Strasbourg dont il est le capitaine, à 20 ans. Qui dit mieux ?
Il n’est pas non plus étonnant de voir la France le convoiter longtemps avant que la jeune pépite ne rejoigne la Tanière, une manière de rendre hommage à son père Pape Sarr et à son héritage footballistique.
Sélectionnable avec le Sénégal, Mamadou Sarr opte dans un premier temps pour les équipes de jeunes de la France, portant même le brassard de capitaine à plusieurs occasions avec les moins de 17 ans de l’Hexagone.
Il est par exemple sélectionné, en 2022, avec l’équipe de France pour l’Euro des moins de 17 ans joué en Israël. Il est titulaire lors de cette compétition continentale remportée par la France (2-1) face aux Pays-Bas.
Tout semblait donc écrit pour une convocation en équipe de France du natif de Martigues – il y a vu le jour le 29 août 2005, alors que son père Pape Sarr évoluait au FC Istres.
Sauf que l’appel des origines a été plus fort pour ce jeune footballeur qui a choisi, en novembre 2025, de représenter les Lions et le pays de son père.
Sarr, dont tous les analystes pensent le plus grand bien, fait partie des nouvelles têtes convoquées par le sélectionneur sénégalais, Pape Bouna Thiaw, pour la présente Coupe d’Afrique des nations (CAN), une promesse de relève et d’avenir pour les Lions, au même titre que les Ibrahim Mbaye et autres Assane Diao, finalement forfait pour blessure.
Mamadou Sarr semble s’être bien adapté à la vie de la Tanière, aux côtés justement de joueurs à la trajectoire similaire comme Kalidou Koulibaly, également passé par les équipes de jeunes de France avant de rejoindre la sélection sénégalaise.
Il n’est pas nécessaire de dire que rien que pour cela, il était couvé par Koulibaly, qui, parions-le, voyait en Sarr son digne remplaçant, lui qui n’a plus ses jambes de 20 ans. Cela s’est même vu lors de cette CAN marocaine où ses prestations, moyennes pour ne pas dire plus, témoignent d’une carrière déclinante.
Mamadou Sarr n’a donc pas tremblé au moment de prendre la place de son mentor et capitaine, livrant une prestation solide et rassurante pour l’avenir de l’arrière-garde des Lions. Ce que son pair de la défense, Moussa Niakhaté n’a pas manqué de relever à la fin du match : “Deux matchs de CAN, troisième sélection, il rentre comme cela en demi-finale de la CAN, ce n’est pas évident pour un joueur de 20 ans. C’est magnifique. Je suis content pour lui. C’est mon frère, il a fait un match monstrueux”.
Comme si tout cela relevait de l’évidence, Mamadou Sarr a souligné : “Le coach a dit qu’il y a 28 titulaires, donc tout le monde doit être prêt pour jouer”.
De fait, l’arrière central se préparait à une telle entrée depuis longtemps, aidée par un héritage familial, encore plus par la vie saine de la Tanière au sein de laquelle les promesses de renouvellement se traduisent par l’arrivée de nouveaux profils de joueurs plus intéressants les uns que les autres.
La bonne structuration du football sénégalais et son attrait ces dernières années fait le reste, c’est-à-dire un mixte intelligent d’anciens et de jeunes, de joueurs formés au pays et de petites surprises venues d’ailleurs, de France et d’Espagne par exemple, le tout fait la force d’un groupe qui vit bien et fait promettre le meilleur pour un pays de plus en plus cité à travers le monde pour le crédit de son football.
Ceux qui croient aux signes du destin peuvent être amenés à croire fermement que Mamadou Sarr était entré en jeu à la place de Kalidou Koulibaly pour d’une certaine manière compléter le match de son père remontant à la demi-finale de CAN remportée par le Sénégal aux dépens du Nigéria, 2-1.
Pape Sarr portait alors le numéro 3, le même que Koulibaly portait hier contre l’Égypte. Un pur hasard ? Les plus superstitieux répondront que dans la vie, comme dans le football, rien n’est gratuit.
BK/ABB/SKS
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