SENEGAL-SANTE-PATHOLOGIES
Thiès, 28 fév (APS) – Le chef du service de médecine interne au centre hospitalier régional El Hadj Ahmadou Sakhir Ndiéguène de Thiès, le professeur Madoki Maguette Diop, a insisté sur l’importance d’un diagnostic précoce des maladies rares, pour éviter toute confusion médicale avec des maladies courantes.
Dans un entretien accordé à l’APS, en perspective de la Journée internationale des maladies rares, commémorée ce samedi, l’enseignant chercheur à l’UFR Santé de l’Université Iba Der Thiam de Thiès, adonné un éclairage sur les maladies rares.
Une maladie est considérée comme rare quand elle touche une personne sur 2.000 ou moins, au sein de la population générale, indique l’universitaire.
Selon lui, il existe actuellement plus de 7.000 maladies rares connues, affectant plus de 300 millions de personnes dans le monde, dont 70 % patients atteints dès l’enfance.
Le professeur Diop a appelé les populations à se faire consulter très vite dès les premiers signes, en sollicitant les services des spécialistes.
“Dans le cadre d’une maladie hématologique, c’est les médecins hématologues qui font le suivi, si c’est une homéopathie de Duchenne, c’est les neurologues qui font le suivi”, a-t-il précisé.
”Chaque maladie, selon ses signes, fait appel à la spécialité qui va la prendre en charge”, explique-t-il.
Selon le professeur Madoki Maguette Diop, quel que soit le signe qui se présente à eux, les ”internistes” qu’ils sont, essayent de trouver le diagnostic précis, afin de déterminer si la prise en charge, leur incombe ou s’ils doivent référer le patient à d’autres spécialités.
Il précise toutefois que même si les spécialistes peuvent identifier la maladie rare à laquelle ils sont confrontés, ce genre de pathologie peut prendre “des formes trompeuses”.
Si dans la plupart des cas la fréquence d’une maladie rare peut être déterminée à partir de la prévalence, l’incidence est un critère plus précis pour certaines maladies, selon le conseil exécutif de l’OMS.
“Les maladies rares touchent moins d’une personne sur 2000”, a rappelé le professeur Madoki Maguette Diop, reprenant la définition de l’OMS.
Ce sont des maladies qui ne sont pas courantes, explique-t-il, relevant, par exemple, qu”’au Sénégal, on ne pas dire que le paludisme ou la tuberculose sont rares”.
“Par contre, il y a d’autres types de maladies rares qu’on trouve dans une fréquence vraiment peu élevée, mais qui existent et [qu’il faut] vulgariser pour qu’on ait conscience de leur existence”, a poursuivi l’enseignant chercheur.
”La mucoviscidose, la maladie de Duchenne, […] ou d’autres maladies génétiques, sont des maladies qu’on ne rencontre pas fréquemment, mais qui méritent d’être connues”.
Il a noté que la drépanocytose entre dans cette rubrique, ”même si on la trouve plus fréquemment ici”.
Le chef du service de médecine interne a renseigné que “le diagnostic se fait par le caryotypage, mais avant, il faut un faisceau d’arguments cliniques qui pousse le médecin à y penser”.
D’origine génétique dans 80% des cas, les maladies rares sont généralement chroniques, évolutives, sévères et nécessitent une prise en charge spécialisée.
Elles sont aussi considérées comme complexes et multi systémiques, c’est-à-dire touchant plusieurs organes et entraînant des comorbidités.
Les myopathies des ceintures, la maladie de Charcot et la dystrophie musculaire de Duchenne sont les maladies rares les plus fréquentes au Sénégal, selon la présidente de la Société sénégalaise de génétique humaine, Rokhaya Ndiaye Diallo.
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